Sécheresses intenses, cyclones destructeurs et montée des eaux... Comment les Outre-mer veulent faire entendre leur voix dans la lutte contre le réchauffement climatique

Alors que le Japon accueille le Sommet des Nations unies sur les océans, les représentants des territoires ultramarins entendent peser davantage dans les discussions internationales sur le climat. En première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique, ils demandent une meilleure prise en compte de leurs réalités et de leur expertise dans les décisions qui concernent l'avenir des océans.
Cyclones plus intenses, érosion du littoral, blanchissement des coraux, montée du niveau de la mer : les territoires ultramarins français figurent parmi les régions les plus exposées aux conséquences du changement climatique. Pourtant, leurs représentants estiment que leur voix reste encore trop peu entendue dans les grandes négociations environnementales internationales.
À l'occasion du Sommet des Nations unies sur les océans, qui réunit à Tokyo des responsables politiques ce mercredi 3 et ce jeudi 4 juin, scientifiques et acteurs de la société civile du monde entier, les élus et responsables ultramarins souhaitent rappeler une réalité : la France est une puissance maritime mondiale essentiellement grâce à ses Outre-mer. Ces territoires représentent près de 97 % de la zone économique exclusive française, répartie dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique.
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Les Outre-mer sont confrontés de manière directe aux effets du dérèglement climatique. À La Réunion, à Mayotte, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie ou encore aux Antilles, les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient tandis que les écosystèmes marins se fragilisent. Les projections climatiques montrent que ces territoires subiront un réchauffement important au cours des prochaines décennies, accompagné de risques accrus de sécheresses, de cyclones plus destructeurs et de montée des eaux.
"En Guyane, vers 2100, il pourrait y avoir environ 170 jours à au moins 35°C par an, contre une vingtaine aujourd'hui", prévoit Météo-France relayé par France Info. A La Réunion "on prévoit 90 jours où la température maximale sera supérieure ou égale à 31°C, contre une dizaine aujourd'hui" et "15% de pluie en moins pendant la saison sèche", tandis qu'à Mayotte, "on pourrait compter 205 jours à au moins 32°C par an, contre environ 30 aujourd'hui, avec 30% de pluie en moins en saison sèche".
Une demande de représentation accrue
Cette vulnérabilité particulière nourrit un sentiment d'urgence chez les représentants ultramarins. L'une de leurs principales revendications porte sur la place accordée aux Outre-mer dans les instances de décision. Ils souhaitent être davantage associés à l'élaboration des politiques climatiques nationales et internationales, notamment lorsqu'il est question de biodiversité marine, de protection des récifs coralliens ou de gestion des ressources océaniques.
Cette demande rejoint les appels lancés depuis plusieurs années pour une présence renforcée des territoires ultramarins lors des grandes conférences internationales consacrées aux océans.
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"C'est toujours la même chose : ce sont des représentants assez loin des réalités des outre-mer qui y seront (au sommet, ndlr), alors que nos territoires représentent 70% du littoral français. On devrait y avoir notre place, pour bénéficier des retours d'expérience, trouver des solutions", estime Samira Ben Ali, Mahoraise membre du Mouvement de la jeunesse pour la justice climatique, questionnée par France Info.
Les résultats du sommet visent à créer une dynamique au-delà de Tokyo, en façonnant les dialogues politiques et en influençant les agendas des grands événements mondiaux à venir tels que les Conférences des Parties sur le climat (COP31) ou celui sur la biodiversité (COP17).


