SDIS : l’Union syndicale dénonce des « dysfonctionnements » et soutient la candidature d’un Réunionnais à la direction

L’Union syndicale du SDIS 974 a dénoncé ce mardi de nombreux « dysfonctionnements » au sein de l’établissement. Dans la perspective du départ du directeur départemental, elle soutient par ailleurs, « pour la première fois », la candidature d’un Réunionnais à ce poste stratégique.
Les mots sont durs et le ton grave. Selon l’Union syndicale du SDIS 974 (AS, ACC, CFTC/SPASDIS, SAPSDIS), la gouvernance menée par le colonel Leguillier et la présidente du conseil d’administration, Stéphanie Arzal, se caractérise par « un mépris du dialogue social », une « absence de transparence » et « un pilotage flou et court-termiste ».
Les syndicats dénoncent « une mise sous cloche du dialogue social » depuis trois ans, un climat de « mépris », des courriers restés sans réponse, et des instances réduites à une « simple chambre d’enregistrement ».
Le directeur est accusé d’exercer depuis plusieurs années un “contrôle total” et d’empêcher un dialogue entre les syndicats, les élus et la présidente. « On a créé un poste de directeur président général », ironise Michel Gonot, membre de l’Union syndicale.
Des projets imposés sans concertation
Parmi les points les plus contestés figure la création de nouvelles sous-directions. Ce projet, rejeté par les représentants du personnel (6 voix contre et 1 abstention), a été maintenu malgré tout, dénonce l’Union, qui affirme que la direction envisage désormais de le soumettre au vote lors d’un prochain conseil d’administration.
Pour l’Union syndicale, ce projet répond « avant tout à des intérêts de carrière pour certains hauts gradés, et non à l’intérêt général de l’établissement ». Les syndicats réclament un projet d’établissement « partagé et participatif ».

Ressources humaines et “favoritisme”
Le groupement de la sous-direction RH est qualifié de « véritable État dans l’État ».
Les syndicats évoquent des pratiques de “favoritisme”, une inégalité de traitement indemnitaire et disciplinaire, ainsi que des recours coûteux pour des décisions jugées arbitraires — jusqu’à 20 000 euros engagés pour contester un congé maladie. Ces pratiques sont, selon eux, « source de tensions et d’injustices au sein des effectifs ».
Gestion financière et patrimoine bâti
Autre point noir soulevé : la gestion financière et immobilière du SDIS. Alors que l’établissement dispose “d’un excédent budgétaire de plus de 6 millions d’euros, plusieurs casernes sont dans un état déplorable », et pas seulement à cause du cyclone Garance mais en raison d’un niveau de vétusté parfois ancien.
Les syndicats dénoncent une absence de stratégie patrimoniale, une gestion qualifiée de « catastrophique » et des incohérences dans les montages financiers liés à la construction de nouvelles casernes.
« La SPLAR a obtenu la délégation du Département et construit les casernes, qui, à l’issue, appartiennent au Département et non au SDIS. Or, la question du financement revient de façon récurrente : le SDIS ne bénéficie pas du fonds de compensation pour la TVA (FCTVA). Il doit avoir sa politique patrimoniale propre », estiment-ils.

“Manque de transparence” et rapports d’enquête
L’Union syndicale critique également une gouvernance « opaque » marquée par le « refus de communiquer plusieurs rapports », dont celui de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises.
Cette absence de transparence alimente, selon les représentants, les soupçons de dysfonctionnements persistants et contribue à la perte de confiance entre agents, direction et élus.
Une « occasion historique » pour la direction
La conférence a aussi été l’occasion pour les syndicats de se positionner sur la succession du colonel Leguillier, dont le départ est prévu pour le 15 octobre. Trois candidatures figurent sur la short list transmise à l’État et au Département.
Parmi elles, pour la première fois, celle d’un Réunionnais : l’inspecteur général Bertrand Vidot, actuellement sous-directeur des services d’incendie et des acteurs du secours (SDSIAS) au sein de la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises du ministère de l’Intérieur. C’est le plus haut grade dans la hiérarchie des sapeurs-pompiers professionnels. L’officier a été numéro deux du SDIS Réunion à l’époque du colonel Loubry et chef du centre de Saint-Pierre. Il a par ailleurs occupé le poste de Directeur de la sécurité civile en Nouvelle-Calédonie.
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L’Union syndicale affiche publiquement son soutien au candidat réunionnais : « Sa carrière exemplaire, sa connaissance du territoire et de ses problématiques et de tous les niveaux de l’administration en font un candidat dont l’expertise sera précieuse et qui sera immédiatement opérationnel. Il ne perdra pas un an ou deux à découvrir l’environnement », estiment les syndicats.
Depuis la départementalisation du SDIS en 1990, aucun Réunionnais — ni Réunionnaise — n’a occupé le poste de directeur départemental. L’Union syndicale évoque une « occasion historique », mais prévient : « Ce n’est pas parce qu’il est Réunionnais » que ce dernier bénéficiera d’un traitement particulier. « Vis-à-vis de nous, il ne tirera pas avantage d’être Réunionnais, chacun reste à sa place ».
La décision finale reviendra à la présidente du SDIS et au préfet.


