Saint-Paul : Le Grand Boucan déménage définitivement à côté du débarcadère

Petite séance d’auto-congratulation ce jeudi en salle du conseil municipal en préambule des débats. Une courte vidéo revient sur les dernières réalisations et projets, sobrement intitulée “rapport d’activité”. Santé financière, actions pour la jeunesse ou les séniors, ramassage des dépôts sauvages ou encore livraison de logements, la majorité fait le bilan de 2023. “Ce rapport n’est pas crédible. On ne peut pas dire que tout va bien”, Alain Bénard pour l’opposition. “C’est un simple rapport d’activité, personne ne dit que tout va bien. Il reste encore beaucoup à faire, et si on doit rempiler un autre mandat pour terminer, on ne se gênera pas”, répond Emmanuel Séraphin sous les applaudissements des élus de la majorité.
Après la présentation du compte administratif par le comptable public, puis celle des comptes de gestion, leur correspondance permet de présenter au conseil municipal la situation financière de la commune. Mireille Morel-Coianiz, déléguée aux finances et au budget, rappelle qu’une partie “des investissements de 2023 seront financés par des dotations qui ne seront versées qu’en 2024”. Ainsi, le déficit de 1.317.984 euros sera comblé prochainement.
Pas de crématorium pour l’Ouest pour l’instant
L’étude des résultats financiers de la régie des pompes funèbres a permis à Patricia Hoarau de relancer le maire sur le futur crématorium que le TO avait promis d’étudier. “Les familles de l’Ouest doivent attendre, car celui du Nord et du Sud font passer les gens du coin d’abord. C’est très dur pour les familles de devoir attendre, pour moi, c'est une question de dignité”, explique l’élue d’opposition.
Si Emmanuel Séraphin rappelle que ce projet est porté par le TO, le maire précise bien “qu’à ce stade, il n’est pas question d’installer un crématorium. La demande n’est pas assez forte, et les coûts de fonctionnement font que la décision a été prise de ne pas le construire. Pour autant, un espace a été laissé au cas où, dans le futur, un besoin se fait sentir”.
“On ne peut pas accueillir 60.000 personnes à Saint-Gilles”
Si le Grand Boucan, édition 2023, avait dû déménager sur le front de mer de Saint-Paul pour cause de travaux, cette année la commune a décidé d’acter son départ définitif de la station balnéaire. “Sur la dernière édition à Saint-Gilles, en 2022, nous avions 40.000 spectateurs. Nous atteignions les limites en termes de sécurité. On ne peut pas accueillir 60.000 personnes à Saint-Gilles, comme pour l’édition de 2023”, précise Emmanuel Séraphin. “Il faut faire attention à ne pas trop concentrer tous les événements à côté du débarcadère. On a l’impression que le centre-ville de Saint-Paul centralise toutes les grandes manifestations”, tacle Alain Bénard. “On veut proposer autre chose pour la station balnéaire, on ne laisse personne de côté, même les hauts”, rétorque le maire.
“Ne me forcez pas à utiliser mon pouvoir de police sur ce conseil !”
La majeure partie des débats aura surtout été marqué par le jeu de questions/réponses entre la majorité et l’opposition. Les tacles à base de “quand vous étiez aux commandes” de la majorité répondent aux “mépris pour l’opposition” tout au long de ce conseil interminable. La situation va finir par sérieusement déraper à la 41e affaire. Suite à une question d’Audrey Fontaine sur les modalités de la prime pour des agents que devait débloquer cette délibération, Sébastien Guyon, second adjoint et en charge du personnel communal, a déclenché l’ire de l’élue en lui répondant “votre question est pour une fois pertinente".
S'ensuit un moment d’échange tendu où Audrey Fontaine fait démonstration de son très fort mécontentement suite à cette remarque. “Je ne vous permets pas de m’insulter”, s’agace l’élue, dont le micro a été coupé. L’agitation s’empare de l’opposition à tel point que plus personne ne s’entend, avec ou sans micro. “Vous perturbez ce conseil, ne me forcez pas à utiliser mon pouvoir de police”, tente Emmanuel Séraphin. Deux policiers municipaux se placent dans l’encadrement de la porte de la salle, prêts à intervenir. “Libre à moi de trouver si une question est pertinente", lance Sébastien Guyon une fois le calme revenu, tout en avouant ne pas avoir la réponse à la question d’Audrey Fontaine.


