Proxénétisme : pour “donner un coup de main”, il construit des cabanes aux prostituées du chemin Charrette

Le 31 août dernier, les policiers en patrouille chemin Charrette tombent sur Robert à l'ouvrage. Le lieu est connu pour abriter des travailleuses du sexe. L'homme de 70 ans est en train de construire une cabane pour une prostituée. 730 euros en petites coupures sont également retrouvés dans le coffre de sa voiture. L'enquête démontre que le téléphone de Robert borne quasi quotidiennement dans ce secteur alors qu'il habite sur le Tampon.
À la barre du tribunal, Robert reconnaît avoir construit au moins 6 cabanes “ pour donner un coup de main”. Le septuagénaire assure régulièrement se promener et faire son sport dans le secteur. Faute d'investigation, l'enquête n'a en revanche pas permis d'établir si les grosses sommes d'argent retirées du compte de Robert provenaient de plus amples activités en lien avec la prostitution.
Sur le plan personnel, Robert est marié avec une jeune femme de 32 ans rencontrée à Madagascar. L'homme a plusieurs mentions à son casier judiciaire dont une pour assassinat.
"Une prostitution de misère"
Les cabanes plutôt abouties, petits tapis, déco sur les murs, n'ont pas été faites par “bonté d'âme”, refuse de croire le parquet. Interrogé, le propriétaire des parcelles, un agriculteur, dit avoir été "exproprié" et qu'un certain "chéri" a fait construire les cabanes.
Six mois de sursis simple et l'interdiction de paraitre pendant un an au chemin Charette et Chemin de la Balance, hauts lieux de la prostitution à Saint-Pierre, sont requis à l'encontre de Robert.
Il s'agit “d'une prostitution de misère avec des passes de 20 à 30 euros. Ces femmes sont exploitées”, tient néanmoins à rappeler la présidente du tribunal. “Je regrette d'avoir fait ça”, finit par lâcher Robert.
Le délibéré est attendu pour le 14 novembre prochain.
*prénom d'emprunt


