Plus de 121 000 mal logés à La Réunion : la problématique s'invite dans les municipales

La Fondation pour le Logement entend placer la question du mal-logement au cœur des débats municipaux dans les Outre-mer. L’organisation appelle à "des réponses structurelles" et à une mobilisation des politiques publiques face à une situation dégradée.
Le rapport 2026 sur le mal-logement dans les Outre-mer a été présenté la semaine du 9 février 2026 au ministère des Outre-mer et à l’Élysée. Il met en avant une forte pression sur l’accès au logement, dans un contexte social fragile.
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Entre deux et cinq fois plus de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en Outre-mer qu’en Hexagone. Le niveau de vie médian y est plus faible, avec 470 euros en Guyane et 690 euros à La Réunion, contre 790 euros dans l’Hexagone. À La Réunion, 24 % de la population est couverte par les minima sociaux.
La situation du logement reste, dans ce contexte, particulièrement tendue. À La Réunion, environ 58.000 demandes de logements ont été enregistrées en moyenne entre 2019 et 2023. Le territoire compte également 17.700 logements indignes ou insalubres. La suroccupation concerne 13 % des logements à La Réunion contre 56 % à Mayotte.
Au total, plus de 121.781 personnes sont mal logées à La Réunion.

L’étude confirme aussi "une offre de logements concurrencée par le développement des résidences secondaires et logements occasionnels, et un taux de logements vacants qui demeure élevé".
Plus nombreuses qu’en Hexagone, les familles monoparentales — deux à trois fois plus fréquentes — influencent également les besoins en matière d’habitat.
Faire du logement une priorité politique
A la lumière de ces chiffres clés publiés dans son deuxième éclairage sur le mal-logement dans les départements et régions d’Outre-mer, la Fondation appelle à "un sursaut des politiques publiques pour répondre aux enjeux d’égalité des droits entre l’Hexagone et les Outre-mer, en apportant des réponses structurelles".
L’organisation entend aussi inscrire cette problématique dans le débat politique local. Elle souligne "le danger que représente la montée en puissance des idées d’extrême droite dans les Outre-mer".
La Fondation met notamment en garde contre certaines orientations politiques : "la préférence nationale pour l’accès au logement social ou aux prestations de solidarité plongerait dans une exclusion durable des millions d’entre nous et démultiplierait les chiffres des morts de la rue, des personnes sans abri, en bidonvilles, en habitat indigne ou menacées d’expulsion locative".
Elle observe ainsi que "pendant de nombreuses années, les Outre-mer étaient plutôt préservés par ces idées, mais désormais, elles prennent racine, nourries notamment par un sentiment général d’abandon qui se mêle aux histoires singulières de chaque territoire ultra-marin".
Dans ce contexte, la Fondation pour le Logement préconise que le logement soit "érigé en une priorité politique et bénéficie d’un pilotage dédié en coordination avec tous les acteurs, d’objectifs de résultats pluriannuels à la hauteur des besoins de ces territoires et des engagements financiers qui leur soient ajustés".


