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PLF et PLFSS 2026 : Maillot, K/Bidi et Lebon dénoncent le "cynisme budgétaire" du gouvernement

Ecrit par S.I. – le vendredi 24 octobre 2025 à 17H37

Karine Lebon, Émeline K/Bidi et Frédéric Maillot dénoncent un projet de loi de finances et un budget de la Sécurité sociale "pénalisants" pour La Réunion et les territoires ultramarins. Les trois députés réclament le retrait de plusieurs mesures, dont la réduction des aides LODEOM et la hausse des franchises médicales.

Alors que débute cette semaine le traditionnel marathon budgétaire à l’Assemblée nationale, les députés réunionnais Karine Lebon, Émeline K/Bidi et Frédéric Maillot ont présenté, ce vendredi 24 octobre, leurs propositions d’amendements sur le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026.

Émeline K/Bidi : "pas de coupe budgétaire contre l’Outre-mer"

Les trois élus du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) tirent la sonnette d’alarme : plusieurs dispositions des textes risquent, selon eux, d’aggraver les inégalités sociales et économiques déjà marquées dans les territoires ultramarins.

La députée Émeline K/Bidi (4ᵉ circonscription) rappelle que le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi de ne pas recourir au 49.3. Mais la députée prévient : cette décision n’affaiblit pas pour autant l’exécutif. "Ça ne veut pas dire qu'il est totalement désarmé face à notre Assemblée. Il a bien d'autres façons de pouvoir faire passer cela en force. Et sur le budget en particulier, son outil le plus puissant reste les délais", explique-t-elle. 

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Elle rappelle que 70 jours sont prévus pour le PLF et 50 jours pour le PLFSS, "première lecture, deuxième lecture comprise", et qu’en cas de dépassement de ce délai, "le gouvernement aura la possibilité de prendre des ordonnances et d'adopter le projet initial".

L’article 7 du PLF dans le viseur

La parlementaire s’inquiète surtout de l’article 7 du projet de loi de finances, qui prévoit une réduction de 300 millions d’euros sur la LODEOM et de 450 millions sur l’aide à l’investissement en Outre-mer. "C’est une atteinte directe à la capacité des entreprises à embaucher. Même le MEDEF et la CPME ont dénoncé ces coupes", dénonce-t-elle.

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Avec les députés ultramarins du groupe GDR, Émeline K/Bidi a écrit au ministre de l’Économie, à la ministre de l’Outre-mer et au Premier ministre pour demander le retrait de cet article. "Nos territoires accusent déjà un retard considérable. On nous demande de participer à l’effort national alors qu’il nous faudrait un plan de rattrapage", insiste-t-elle.

Émeline K/Bidi a détaillé plusieurs amendements qu’elle entend défendre dans le cadre du PLF et du PLFSS 2026. Elle portera notamment un grand plan justice outre-mer pour lutter contre le narcotrafic : "Il n'y a pas une semaine sans une interception de drogue et une affaire de mule à l'aéroport. [...] Il est très important qu'on puisse se doter de moyens humains, c'est-à-dire des juges et des greffiers et matériels, notamment des scanners".

Elle prévoit également des amendements concernant la rénovation du logement, l’emploi des jeunes et le renforcement des moyens de l’OPMR pour lutter contre la vie chère, ainsi que pour améliorer l’accès à la justice et aux services publics dans les Outre-mer.

Karine Lebon dénonce un "mépris social"

La députée de la 2e circonscription, Karine Lebon, s’est concentrée sur les dispositions du PLFSS 2026, qu’elle qualifie de "cyniques"

Elle dénonce d’abord la création d’une taxe sur les complémentaires santé : "Le gouvernement veut créer une contribution exceptionnelle de 2% à peu près sur les cotisations des mutuelles et assurances santé [...] Mais cette taxe sera invariablement répercutée sur les cotisations des assurances. C'est une double peine finalement, payer plus pour être remboursé moins."

Elle alerte aussi sur le doublement des franchises médicales, qui frapperait de plein fouet les malades réunionnais, rappelant qu'à La Réunion, où les affections longues durées sont plus fréquentes que la moyenne nationale, cette mesure serait "dramatique".

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Enfin, la députée s’oppose au gel des retraites en 2026, qu’elle juge inacceptable dans un contexte de vie chère. "Ce gel, ça représente 300 à 500 euros de perte annuelle", estime-t-elle. 

Pour Karine Lebon, ces choix traduisent une dérive profonde : "Ce PLFSS, il incarne tout ce que nous refusons, le cynisme budgétaire, l'aveuglement technocratique et le mépris social. Parce qu'un budget, ce n'est pas seulement une colonne du chiffre, c'est un choix de société et nous faisons le choix de la solidarité, de la souci et de la dignité."

Frédéric Maillot alerte sur les TPE-PME et l’emploi local

De son côté, le député Frédéric Maillot (6ᵉ circonscription) a insisté sur les impacts économiques et sociaux du budget. "Les TPE et PME représentent 95 % du tissu économique réunionnais, et le gouvernement s’apprête à ponctionner une nouvelle fois le réseau CCI France de 175 millions d’euros, alors qu’il accompagne ces entreprises", rappelle-t-il.

Sur le volet santé, l’élu relance son combat pour l’essai clinique du médicament cubain Heberprot-P, qui pourrait réduire de 95 % les amputations liées au diabète. "Une amputation coûte 32 000 euros, quand cinq doses suffisent à sauver un pied. Nous avons plus de 360 amputés chaque année à La Réunion, il est temps d’agir", plaide-t-il.

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Siégeant à la commission Éducation et culture, Frédéric Maillot a également déposé des amendements sur la lutte contre le décrochage scolaire — 44.000 jeunes sortent chaque année du système sans diplôme — et pour le recrutement d’AESH afin d’accompagner les enfants en situation de handicap.

Face à un gouvernement qu’ils jugent sourd aux réalités ultramarines, les trois élus affichent leur détermination à ne pas laisser passer un budget qu’ils estiment injuste. "Le mot d’ordre est clair : pas de coupe budgétaire contre l’Outre-mer", résume Émeline K/Bidi. 

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