La Réunion pourrait-elle perdre une partie de ses financements européens après 2027 ?

Alors que se prépare la prochaine programmation européenne à partir de 2028, la présidente de Région Huguette Bello demande des garanties pour préserver les financements européens destinés à La Réunion. Si l’enveloppe globale des régions ultrapériphériques françaises doit être maintenue à 3,55 milliards d’euros, la présidente Bello estime que cela ne suffira pas à préserver les moyens de l’île. Explications.
La prochaine programmation des fonds européens se prépare dès maintenant. La Région Réunion le sait mieux que quiconque. À l’occasion du Comité État-Régions Inter-fonds, organisé en visioconférence mardi 29 septembre, Huguette Bello a défendu les intérêts de La Réunion dans les discussions sur le futur cadre financier européen, qui doit prendre le relais de la programmation 2021-2027 à partir de 2028.
La réunion s’est tenue en présence de Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, de Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, et de Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe.
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Par voie de presse, la Région rappelle notamment que "La Réunion affiche un taux de programmation des fonds européens de 95 % pour la période actuelle". Mais l’essentiel des discussions concerne désormais les moyens qui seront alloués aux territoires après 2027.
"Il est grand temps que nous tracions ensemble les contours de la future programmation, a déclaré Huguette Bello, selon le communiqué régional. La présidente estime que "les collectivités, les entreprises et les organismes de formation ont besoin de visibilité pour préparer leurs projets et anticiper les prochaines années". Cette dernière évoque ainsi la nécessité de pouvoir se projeter dans "le monde du post-27".
Trois principes pour la prochaine programmation
La présidente de Région entend défendre trois principes dans les négociations à venir : "La continuité, l’équité et la transparence."
La continuité concerne notamment le rôle des Régions dans la gestion des fonds européens. Huguette Bello s’est ainsi réjouie de la perspective de voir "les collectivités régionales continuer à gérer des chapitres régionaux du Plan de partenariat national et régional".
L’équité constitue un autre enjeu pour les régions ultrapériphériques (RUP), dont La Réunion fait partie. Une première réponse a été annoncée avec le maintien de l’enveloppe globale des RUP françaises au niveau de la période 2021-2027, soit 3,55 milliards d’euros en euros courants.
La Région souligne toutefois que cette stabilité ne signifie pas nécessairement "un maintien du pouvoir de financement." "En tenant compte de l’inflation et de l’évolution de la population, les moyens disponibles par habitant diminueraient en euros constants par rapport à la période actuelle", nous indique même une source proche du dossier.
Huguette Bello était donc bien inspirée de demander que La Réunion puisse conserver ses enveloppes actuelles, y compris "l’allocation destinée à compenser les surcoûts liés à son statut de Rup". L’objectif étant évidemment de préserver les financements qui tiennent compte des contraintes spécifiques du territoire insulaire et éloigné du continent européen.
Un filet de sécurité pour les régions ultrapériphériques
Le troisième principe défendu par la présidente de Région concerne la transparence. Les discussions européennes portent notamment sur la possibilité de mettre certains crédits en réserve. En clair, Huguette Bello demande que ce mécanisme, s’il est maintenu, ne pénalise pas les régions ultrapériphériques.
La Région réclame ainsi la mise en place d’un dispositif de protection spécifique. La pyramide inversée indique que la présidente a "réaffirmé la nécessité qu’un véritable filet de sécurité spécifique aux RUP soit instauré".
Les négociations doivent se poursuivre au niveau national et européen. La collectivité affirme plus que jamais "vouloir maintenir la pression jusqu’à leur conclusion afin de défendre les intérêts de La Réunion".


