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"Sommes-nous invisibles ?", "Pense-t-on vraiment à notre avenir ?" : pourquoi la colère gagne les lycées réunionnais

Ecrit par L-H.T, avec G.D – le vendredi 2 octobre 2026 à 10H57
Plusieurs centaines de lycéens ont exprimé leur "colère" devant les établissements de l'île.

La mobilisation lycéenne se poursuit ce vendredi 2 octobre à La Réunion, dans le sillage d’un mouvement parti d’Île-de-France. Selon le rectorat, 17 établissements sont concernés par des mouvements d’élèves. À Saint-Pierre, la situation est particulièrement tendue devant le lycée François-de-Mahy, où au moins dix jeunes ont été interpellés et un policier touché par un jet de galet. Manque de professeurs, conditions d’apprentissage dégradées, chaleur dans les salles de classe… Les lycéens réclament des réponses.

La colère ne retombe pas. Après une première journée de mobilisation marquée jeudi 1er octobre par plusieurs rassemblements et deux interpellations, les lycéens réunionnais sont de nouveau mobilisés ce vendredi 2 octobre. Le mouvement, parti d’Île-de-France, s’est étendu à plusieurs établissements de l’île.

Selon le rectorat, 17 lycées sont concernés par des mouvements d’élèves ce vendredi matin 2 octobre. L’académie précise toutefois qu’aucun établissement n’est bloqué et que la situation est redevenue calme dans la majorité des sites concernés.

Au Tampon, les élèves du lycée Roland-Garros maintiennent la pression après un premier rassemblement jeudi 1er octobre, au cours duquel une délégation avait été reçue par le maire. À Sainte-Marie, le lycée du Verger est également concerné. À Sainte-Clotilde, les élèves du lycée Georges-Brassens se sont rassemblés devant les grilles, sous la surveillance des forces de l’ordre. À Saint-Paul, une tentative de blocage du lycée Paul-Vergès a été avortée. Les élèves souhaitant se rendre en cours ont pu entrer par un autre accès.

Au moins dix interpellations à Saint-Pierre

C’est à Saint-Pierre que la situation est la plus tendue. Devant le lycée François-de-Mahy et à proximité de la gare routière, des affrontements ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre. Des échanges de galets et de grenades lacrymogènes ont été constatés.

Au moins dix jeunes ont été interpellés, selon les informations recueillies sur place. Ils sont mis en cause pour des jets de galets en direction des policiers. Un fonctionnaire de police a même été touché par un projectile.

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La circulation a été interdite à proximité de la gare routière et un cordon de police a été installé. Des jeunes cagoulés, munis de galets, se trouvaient aux abords de l’établissement. Les forces de l’ordre sont intervenues pour tenter de ramener le calme et conseillaient d’éviter le secteur.

Ces incidents contrastent avec les rassemblements organisés ailleurs sur l’île, où les élèves cherchent avant tout à faire entendre leurs revendications. Si le rectorat fait état de tensions dans certains établissements, il indique que la situation est redevenue calme dans la majorité d’entre eux.

"Les profs ne sont jamais remplacés"

Derrière les rassemblements, les lycéens dénoncent un quotidien marqué, selon eux, par le manque de moyens et des conditions d’apprentissage dégradées. "Nous sommes ici pour exprimer un ras-le-bol. Les profs ne sont jamais remplacés, il y a toujours des problèmes à la cantine", témoigne un élève mobilisé.

Les conditions matérielles sont également pointées du doigt, notamment la chaleur dans les salles de classe. "Il fait 28 degrés toute l’année, on n’a pas la clim", déplore un lycéen.

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La mobilisation dépasse toutefois les seuls problèmes rencontrés dans les établissements. Certains manifestants y voient aussi une manière de dénoncer les inquiétudes qui pèsent sur leur avenir. "Aujourd’hui, on n’a même pas notre bac qu’on nous parle déjà de retraite à 65 ans, qu’on nous parle d’une dette record, de faire des économies… Pense-t-on vraiment à notre avenir ? Sommes-nous invisibles ?", interroge un élève.

D’autres insistent sur la dimension collective du mouvement. "Je pense que ce n’est pas que les lycéens qui doivent être concernés. C’est pour tout le monde, toute la société que l’on fait ça", explique un des ces jeunes manifestants.

Les élèves mobilisés disent néanmoins vouloir éviter les débordements. "Nous, on ne veut pas de violence, on ne cherche pas ça, juste à se faire entendre", affirme encore l’un d’eux.

Contexte national tendu

À La Réunion, les revendications portent notamment sur le manque de professeurs, les conditions matérielles dans les établissements et la dégradation des conditions d’apprentissage. La mobilisation trouve écho dans un mouvement plus large, parti d’Île-de-France et étendu à plusieurs territoires.

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Au niveau national, la contestation n'a pas faibli malgré l’annonce du gouvernement concernant les frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires. Jeudi soir 1er octobre, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé que le gouvernement retirerait la mesure prévue dans le projet de budget 2027. Celle-ci prévoyait des droits annuels de 178 euros en BTS et de 270 euros en classes préparatoires pour les étudiants non boursiers.

Cette annonce suffira-t-elle à apaiser la colère ? À La Réunion, les rassemblements se poursuivent ce vendredi matin 2 octobre, tandis que le rectorat tente d’ouvrir un espace de dialogue avec les représentants des élèves.

Le rectorat organise un conseil exceptionnel

Face à la mobilisation, le rectorat de La Réunion organise ce vendredi un Conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) exceptionnel, consacré aux préoccupations et aux revendications exprimées par les élèves.

La réunion se déroulera en visioconférence, avec deux temps d’échange prévus à 11 heures et à 13h30, afin de faciliter la participation des élus lycéens. Des représentants élus au sein des conseils de la vie lycéenne des établissements pourront également y prendre part.

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"Cette réunion de travail sera exclusivement consacrée aux préoccupations et aux revendications exprimées par les lycéens. Elle permettra de mieux identifier les difficultés rencontrées et d’examiner les améliorations pouvant être mises en œuvre", précise le rectorat.

Cette instance doit permettre aux représentants des élèves de faire remonter les difficultés rencontrées dans les établissements et d’examiner les réponses qui pourraient être apportées. Reste à savoir si ces échanges permettront de répondre aux attentes des lycéens et d’apaiser la mobilisation.

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