Budget 2027 : la canne n’est pas une "variable d’ajustement", prévient la CGPER

Dans un communiqué, la CGPER exprime sa "très vive inquiétude" face à une diminution envisagée de 17 millions d’euros des soutiens nationaux à la canne-sucre dans le projet de loi de finances pour 2027. Le syndicat rejoint ainsi le CPCS, qui a demandé également le maintien intégral des soutiens à la filière et le "respect des engagements de l’État".
Pour le syndicat, quelle que soit la ligne budgétaire concernée, une telle réduction risquerait de déstabiliser l’ensemble de la filière. "Si 17 millions d’euros sont retirés aux soutiens de la canne-sucre, toute la filière risque d’en subir les conséquences et, au bout de la chaîne, ce sont les planteurs qui risquent une nouvelle fois d’en payer le prix."
Une convention qui engage aussi l’État
La CGPER rappelle que la Convention Canne 2022-2027 résulte de négociations entre les planteurs, l’industriel, les collectivités et l’État. Elle repose sur un équilibre économique et financier auquel chacun a souscrit.
Le syndicat interroge donc la portée des engagements publics : "Quelle valeur aurait encore la signature de l’État si, en cours de convention, celui-ci diminuait les moyens nécessaires à l’équilibre sur lequel cette convention a été construite ?"
Il juge incohérent de demander aux agriculteurs de poursuivre leurs efforts tout en réduisant les soutiens sur lesquels ils comptent. "On ne peut pas demander aux planteurs de respecter leurs engagements, de continuer à produire, de replanter, d’investir et de préparer l’avenir, tout en modifiant en cours de route les conditions économiques sur lesquelles ils se sont engagés."
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"Garantir qu’aucun planteur ne perde un euro"
La CGPER demande au Gouvernement de clarifier les conséquences de cette baisse éventuelle avant toute décision. Elle réclame une garantie explicite : "Aucun planteur réunionnais ne doit perdre un euro du fait de cette diminution envisagée de 17 millions d’euros."
Le syndicat décrit des exploitations confrontées à des trésoreries extrêmement tendues, à l’augmentation des charges, notamment de l’énergie et du carburant, ainsi qu’à des difficultés de renouvellement et de replantation. À cela s’ajoute, selon lui, une campagne sucrière particulièrement compliquée.
"Notre filière n’a aujourd’hui aucune marge pour absorber un nouveau choc", prévient la CGPER, qui voit dans cette perspective d’économies un mauvais signal adressé aux producteurs.
Préparer l’avenir sans fragiliser le présent
Le syndicat rappelle également la participation de l’État aux États généraux de la Canne et à l’élaboration d’un protocole destiné à préparer l’avenir du secteur. "Comment peut-on, d’un côté, demander aux acteurs réunionnais de réfléchir à la pérennité de la canne après 2027 et, de l’autre, envisager de diminuer dès 2027 les moyens qui contribuent aujourd’hui à son équilibre ?", demande-t-il.
Alors que la prochaine Convention Canne doit être préparée, la CGPER réclame le maintien intégral des soutiens existants, de la visibilité pour les exploitants et une consolidation de leur revenu.
"La canne réunionnaise ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire. Les planteurs ne peuvent pas être une variable d’ajustement", insiste le syndicat.


