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À Cilaos, comment la hausse des carburants pèse sur chaque montée et descente

Ecrit par Prisca Bigot – le samedi 3 octobre 2026 à 11H30

Depuis le 1er octobre, le sans-plomb atteint 2 euros le litre à La Réunion et le gazole 1,80 euro. À Cilaos, où rejoindre le littoral implique d’emprunter la route aux 400 virages, la hausse prend une dimension particulière. Habitants et commerçants commencent à compter leurs déplacements, à regrouper leurs achats ou à regarder davantage du côté du bus.

À Cilaos, "descendre ou monter" n’est plus tout à fait un déplacement comme les autres. Pour rejoindre Saint-Louis et le littoral, il faut avaler les virages de la RN5 avant de refaire le chemin en sens inverse. Une route incontournable pour de nombreux habitants, que ce soit pour faire des achats, travailler, voir leurs proches ou approvisionner un commerce.

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Depuis le 1er octobre, chaque kilomètre coûte un peu plus cher. Le litre de sans-plomb est passé à 2 euros, soit une augmentation de 17 centimes en un mois. Le gazole est passé à 1,80 euro, en hausse de 12 centimes. Sur un plein de 50 litres, cela représente respectivement 8,50 euros et 6 euros supplémentaires par rapport à septembre.

"Avant, je faisais la route avec 20 euros"

Pour les habitants du cirque, la hausse se traduit immédiatement dans le quotidien. Jean-Paul, cuisinier, explique ne descendre qu’"une ou deux fois par mois". Habitant et salarié à Cilaos, il peut donc limiter ses déplacements professionnels. Mais pour le reste, la hausse change déjà ses calculs. "Avant, je faisais la route avec 20 euros. Je pouvais remonter, rouler un petit peu, mais là, en ce moment, ce n'est plus possible. Avec 20 euros, je peux faire la route, remonter et voilà", témoigne-t-il. Pour faire face à la hausse des prix des carburants, le cuisinier sacrifie les déplacements qui ne sont pas indispensables.

Rémi, commerçant à Cilaos, ne dispose pas de la même marge de manœuvre. Selon l’affluence et les besoins de son activité de restauration rapide, il descend deux à trois fois par semaine. "Auparavant, c'était 40 euros par semaine. Là, c'est facilement 60 euros", estime-t-il. Une augmentation qui vient s’ajouter aux contraintes d’une route sinueuse. Réduire les trajets, c’est aussi modifier la manière de s’approvisionner. Descendre moins souvent mais acheter davantage pourrait sembler être une solution. "Mais si on fait trop de courses et qu'il n'y a pas trop de clients, du coup, c'est compliqué. Tout dépend", explique Rémi.

Pierre-François, gérant de l’hôtel-restaurant Le Petit Randonneur, a de son côté adapté son fonctionnement. Son établissement travaille avec des grossistes qui livrent deux à trois fois par semaine, ce qui lui évite certains déplacements. Mais cela ne fait pas disparaître le coût du transport."Ça nous évite d'avoir une répercussion directe. Mais il faut dire que les prix au niveau des produits, des matières premières, ont été répercutés sur les tarifs", explique-t-il.

Le bus gagne du terrain

Prendre davantage les transports en commun pourrait être une alternative plus écologique et économique. "Le bus, c'est très très bien, mais quand on va en bas, on en profite pour ramener beaucoup de choses", résume Cécile.

Pierre-François observe aussi un changement chez certains visiteurs : "Les gens préfèrent monter en bus aujourd'hui, ils prennent le temps d'apprécier et économisent un petit peu du fait que l'essence est devenue chère."

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Les chiffres communiqués par la Civis montrent effectivement une progression récente de la fréquentation de la ligne 60, qui relie Saint-Louis à Cilaos. Après un début d’année en recul par rapport à 2025, les validations progressent en mars, en mai, en juin, en août et encore en septembre. Sur les neuf premiers mois de 2026, la Civis comptabilise 68 257 validations, avec une moyenne mensuelle annoncée de 7 584, soit 7 % de plus que la moyenne mensuelle de 2025.

Ces chiffres interviennent toutefois dans un contexte de réorganisation du réseau. Après des modifications de l’offre en 2025, qui avaient suscité une mobilisation des usagers, la CIVIS avait engagé une concertation afin de recueillir leurs besoins et d’ajuster la desserte. En 2026, la ligne propose ainsi dix départs dans chaque sens du lundi au vendredi, ainsi que le samedi et pendant les vacances scolaires, soit environ un départ toutes les 1 h 30. Les dimanches et jours fériés, quatre départs sont proposés dans chaque sens. Début 2025, avant les ajustements du réseau, douze départs par sens étaient proposés du lundi au samedi, soit deux allers-retours quotidiens de moins qu'en 2026. Pendant les vacances scolaires, la Civis indique également que le bus panoramique vient renforcer la ligne 60.

Face à la flambée des prix, la Région Réunion a annoncé le maintien de plusieurs dispositifs. Elle rappelle notamment son dispositif temporaire représentant 10 centimes par litre de gazole ou d’essence pour les professionnels concernés (taxis, ambulanciers, transporteurs routiers de voyageurs ou de marchandises, auto-écoles, ainsi que certaines entreprises du BTP…), ainsi que la réduction de 50 % du coût des abonnements Car Jaune.

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