Les municipales à Saint-André pourraient se rejouer après l'élection présidentielle de mai 2027

En raison du délai d’instruction des dossiers par le Conseil d’État et la proximité de l’échéance de l'élection présidentielle, dont le premier tour se déroulera le 18 avril 2027, l’avocat Me Robin Binsard, qui conseille Joé Bédier, avance que l’éventuel nouveau scrutin municipal ne pourra pas être organisé avant une dizaine de mois.
Après la confirmation jeudi soir du pourvoi en cassation devant le Conseil d’État de Joé Bédier, à la suite de la décision d’annulation des opérations électorales de mars dernier, communiquée le même jour par le tribunal administratif de La Réunion, la question de la date du nouveau scrutin visant à désigner le futur maire de Saint-André agite les appareils politiques et les rangs des militants.
Si le Conseil d’État confirme le jugement, les quelque 43.000 inscrits saint-andréens devront se préparer à retourner aux urnes. Mais quand ? Me Robin Binsard, l’avocat de Joé Bédier, théorise un report des élections après le rendez-vous majeur de l'élection présidentielle, dont le second tour aura lieu le 2 mai 2027.
Me Robin Binsard explique qu’en plus du délai d’instruction des dossiers par le Conseil d’État, qu’il évalue entre trois et six mois, la plus haute juridiction administrative devra selon lui se mettre en veille durant la période de réserve électorale de six mois qui précèdera les présidentielles.
L'hypothèse d'un coup de théâtre au Conseil d'État
En somme, l’avocat avance que la décision du Conseil d’État ne pourrait intervenir qu’à compter de juin 2027, avec, dans le meilleur des cas, des municipales organisées à Saint-André en juillet-août. Sollicité sur le sujet, Laurent Virapoullé, le rival de Joé Bédier dont l’avocat, Me Emmanuel Glaser, exerce au Conseil d’État, indique être dans l’attente d’informations précises sur le calendrier probable des événements. Tout en n’écartant pas l’hypothèse d’un lointain report du scrutin.
Un autre avocat sollicité par Zinfos974, exerçant à La Réunion et ayant plaidé dans une récente protestation électorale, considère lui aussi comme très plausible l’hypothèse de municipales repoussées après la présidentielle, en raison d’un délai d’instruction du dossier qu’il estime à six mois. La proximité de la présidentielle est aussi évoquée comme un frein, même s’il estime, contre l’avis de son confrère Me Robin Binsard, que le Conseil d’État ne s’arrêtera pas de statuer sur les affaires politiques durant la période de réserve électorale.

Le même avocat avoue miser une pièce sur un coup de théâtre que constituerait le rejet par le Conseil d’État de la décision du tribunal administratif de La Réunion. Selon son analyse, les deux griefs retenus, portant sur la communication électorale prohibée de Joé Bédier et le communiqué de presse polémique du second tour, ne tiendront pas face aux magistrats parisiens : les émissions de télévision financées par les collectivités sont monnaie courante, tandis que le fameux communiqué de presse alertant sur des dérives pouvant affecter la sincérité du scrutin ne nommait personne et ne contenait aucun message politique.
Le grief des émargements irréguliers en suspens
L’avocat ajoute que même dans l’hypothèse d’une décision rapide du Conseil d’État intervenant dans un délai de trois mois, les municipales ne sauraient se dérouler début 2027, en raison de la paralysie générale du système administratif qu’occasionne l’élection présidentielle. Pire, le préfet se verrait contraint de nommer une délégation spéciale chargée d’expédier les affaires courantes de la collectivité durant six mois, ce qui occasionnerait un coma dans la gestion municipale.
Plus intéressant encore, la robe noire considère que la juridiction administrative a commis un faux-pas en ne se prononçant pas sur le grief des émargements irréguliers retenu par le rapporteur public. Mais en l’absence de toute fraude retenue contre Joé Bédier, ajoute-t-il, le retrait d’au moins 34 voix à son score n’entraînerait pas la proclamation de Laurent Virapoullé comme vainqueur, mais seulement l’annulation des élections.


