Bouteille de gaz à 10 euros, dialogue rompu… le bras de fer entre Saint-Paul et le Département se poursuit en conseil municipal

Jeudi 1er octobre, le conseil municipal de Saint-Paul était particulièrement attendu. Tout le monde sait que la relation entre la municipalité et le Conseil départemental a été un véritable feuilleton ces dernières semaines, marquée par des réponses et contre-réponses par médias interposés et par le refus du président du Département de recevoir le maire. C'est dans ce climat que s'est ouverte la séance, laissant place à d'intenses débats autour du chèque gaz solidaire et des relations interinstitutionnelles avant un examen plus serein des délibérations.
En ouverture de la séance du conseil municipal de Saint-Paul, le maire Emmanuel Séraphin est longuement revenu sur le blocage institutionnel opposant la commune au Palais de la Source, forçant l'opposition à trépigner sur ses bancs.
L'édile a vivement dénoncé la posture de l'exécutif départemental, fustigeant « le mépris du Département. Comment peut-on dire que les conditions ne sont pas réunies pour recevoir un élu de la République ? C'est une atteinte à cette concorde républicaine. Il faut respecter le vote des Saint-Paulois ».
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Introduisant la première affaire de la journée dédiée à la concrétisation de la bouteille de gaz à 10 euros pour les ménages modestes, le 2e adjoint Sébastien Guyon a souligné l'implication de la collectivité régionale tout en ciblant le Palais de la Source, rappelant que « si aujourd'hui nous pouvons voter cette affaire et proposer très prochainement aux Saint-Paulois une bouteille de gaz à 10 €, c'est avant tout, et il faut le souligner, grâce au travail de la Région qui, depuis le début de cette crise de l'énergie, soutient le prix de la bouteille de gaz et qui permet aujourd'hui à la ville de Saint-Paul de mettre en place ce dispositif. Et ce n'est sûrement pas grâce au Département qui d'ailleurs a abandonné la Région dans son aide aux Réunionnais ».
Prenant la parole à sa suite, l'élue d'opposition Audrey César a exprimé son agacement face à ce qu'elle estime être un mélange des genres, regrettant que « chaque conseil municipal se transforme en procès du Département. Nous sommes conseillers municipaux, restons dans notre cadre. Je trouve cela dommage qu'un clivage politique traverse cette assemblée. Nous sommes ici pour travailler pour les Saint-Paulois. Cela fait 190 jours depuis l'élection que les Saint-Paulois attendent la mise en place de ce dispositif. Très bien s'il est enfin mis en place ».
"Prêt à travailler avec tout le monde"
En réponse directe à ces critiques sur le calendrier, Emmanuel Séraphin a tenu à justifier le temps nécessaire à l'instruction administrative, précisant que « dans cette assemblée, il n'y a pas de ligne de démarcation. Nous sommes prêts à travailler avec tout le monde et ma porte sera toujours ouverte pour avancer sur les dossiers de la ville. Évidemment, vous dites ce chiffre de 190 jours, mais il s'agit d'un dispositif fait sérieusement qui demande du temps. Vous croyez vraiment que le lendemain de l'élection, on allait se mettre sur la place du marché avec une bouteille de gaz et disant aux passants : 'approchez, venez vous servir'. Nous travaillons avec de l'argent public. Il y a donc des procédures à respecter et nous voulons le faire sérieusement ».
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Ce premier volet de débats particulièrement animés s'est conclu par l'intervention d'Huguette Bello, présidente de la Région Réunion et élue de la majorité communale (GIE Bé Mah), qui est revenue sur l'exigence du dialogue entre institutions, insistant sur le fait que « sur un même territoire, les compétences se croisent. Quand on a vu l'impact terrible de la suppression des contrats Pec à Saint-Paul, on a vu que ça a impacté toute la Réunion également. Donc on a interpellé l'État. Quand le maire demande un rendez-vous, c'est normal de vouloir se parler. Le devoir républicain nous impose de parler à tous, peu importe le bord politique. Je ne comprends pas la position de Cyrille Melchior. Saint-Paul est sa ville, il habite ici, il est élu ici, aussi bien sur le canton qu'en tant qu'élu municipal d'opposition. Nous sommes tous impactés par les décisions du Département, qu'il engage enfin ce dialogue ».
Après la passe d'armes, un retour au calme pour voter les délibérations sociales
Si l'entame de ce conseil s'est révélée mouvementée, la suite de la séance s'est déroulée dans un climat serein, permettant l'examen apaisé des autres affaires inscrites à l'ordre du jour.
Parmi les délibérations adoptées figurait le renouvellement de la candidature de la commune au label « Ville Amie des Enfants » auprès de l'Unicef France pour la période allant jusqu'en 2032. Un audit indépendant a d'ailleurs attesté du respect complet des engagements municipaux en faveur de l'enfance. Le fonctionnement opérationnel du chèque gaz solidaire sera quant à lui présenté en détail vendredi 2 octobre lors du lancement d'une campagne d'information menée par le CCAS.
Enfin, sur le plan de l'habitat, les élus ont poursuivi le traitement des régularisations d'occupants sans titre (OST) via le programme Proprié’Tèr, offrant un titre de propriété à une nouvelle famille de Villèle dans un contexte régional marqué par 53.000 demandes de logement social en attente.


