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Après avoir monté une barricade pour "protester contre les déchets", six hommes devant la justice

Ecrit par L.C – le samedi 3 octobre 2026 à 10H33

Ce sont six Bénédictins qui sont jugés ce mardi 29 septembre pour avoir, en mars 2025, érigé une barricade et y avoir mis le feu. Invoquant lors des auditions une contestation face aux délais de ramassage des déchets trop importants, il s'avère plutôt que le groupe soit passé à l'action à la suite d'une soirée de beuverie...

Une barricade enflammée entravant la chaussée qui rappelle les contestations de Mai 68... En ce mois de mars 2025, les gendarmes de Bras-Panon sont appelés par un riverain inquiet qui assiste au spectacle. Sur place, les contestataires ont pris la poudre d'escampette après avoir empilé des encombrants (dont trois poubelles, propriétés de la Cirest). Mais grâce au témoignage du riverain et d'une vidéo, ils parviennent à mettre la main sur la petite bande.

Finalement, l'un d'eux est confondu et passe directement à table. Il livre le nom des cinq autres réfractaires, qui reçoivent la visite des gendarmes. Sur la bande de six, tous se mettent à parler et donnent le nom des camarades.

Une bande hétéroclite

Des jeunes et moins jeunes ont participé à ce mouvement contestataire : ils expliquent qu'après le cyclone Garance, leur résidence était boudée par le ramassage des déchets. Le plus âgé a donc décidé de protester à leur manière, en bloquant la route. Concernant le feu allumé par contre, personne ne sait qui est à l'origine...

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C'est donc dans ce contexte que la petite bande comparaît libre à l'audience. Sur les six prévenus, trois d'entre eux sont présents au tribunal. Interrogés par la cour, ils réitèrent tous leur version des faits. Mieux, lorsque le ministère public insinue que la décision tient plus d'une soirée de beuverie que de la contestation, ils abondent tous dans son sens en hochant vigoureusement la tête.

Concernant le passif judiciaire des trois présents, l'un d'eux n'est pas connu de la justice, le plus ancien a quatre condamnations pour des déboires, au volant sous l'emprise d'alcool, et le dernier est connu pour des dégradations.

"On est loin d'une revendication militante"

Le ministère public entame son réquisitoire en abandonnant les charges concernant la mise à feu du barrage. La motivation est simple : il n'y a pas d'éléments concrets pour savoir qui l'a allumé. Concernant l'obstruction de la voie, là, aucun doute n'est possible. "On est loin d'une revendication militante", souffle la magistrate au vu de la consommation d'alcool peu avant les faits.

Elle requiert donc 60 jours-amende à hauteur de 7 euros pour les primo-délinquants du groupe. Pour deux d'entre eux ayant des antécédents, 3 mois de prison assortis d'un sursis probatoire pour répondre à cette problématique de l'alcool. Envers le dernier, récemment condamné, 3 ans de prison ferme sont requis.

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"L'alcool permet d'imaginer des choses... Des bonnes, ou des grosses bêtises", entonne maître Yannick Carlet, seul avocat présent dans ce dossier et qui représente l'un des jeunes. La robe noire met en avant le ras-le-bol de ces riverains qui, après Garance, se sont retrouvés avec une pile de déchets dans leur résidence.

Sans minimiser les faits, il argue que l'idée d'encombrer la chaussée est "débile" mais "pratique" : "Si on bouche la rue, ils n'auront pas le choix de venir ramasser les déchets". Son client, contre lequel 3 mois de prison assortis d'un sursis probatoire sont requis, y échappe.

En effet, après délibération, la justice tranche et condamne les 6 hommes à une peine d'amende.

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