Amputations liées au diabète : Frédéric Maillot appelle à des essais cliniques pour le médicament Heberprot-P

Frédéric Maillot, député de la 6e circonscription de La Réunion, a attiré l'attention sur la problématique des amputations liées au diabète de type 2 dans les Outre-mer, en particulier à La Réunion. Le député a souligné que plus de 25 patients par mois, soit près de 360 par an, subissent une amputation du pied diabétique sur l’île, une situation alarmante qui représente environ une amputation par jour.
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"À La Réunion, nous avons une prévalence du diabète de type 2 deux fois plus élevée que dans l'Hexagone, avec 13% de la population touchée, contre seulement 6 à 7% en métropole. Nos territoires ultramarins, comme la Guadeloupe (12%), la Martinique (11,5%), la Nouvelle-Calédonie (10%) et la Guyane (8-10%), sont également particulièrement affectés", a précisé le député.
Face à ce constat, Frédéric Maillot a évoqué l'existence d'un traitement, l'Heberprot-P, qui pourrait potentiellement réduire ces amputations. Utilisé depuis 2016 et testé dans plus de 25 pays avec des résultats prometteurs, ce médicament permettrait d’éviter de nombreuses amputations. Le député a donc interpellé la ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, afin de faire en sorte que ce traitement soit autorisé en France et en Outre-mer. Il a également proposé la mise en place d’essais cliniques pour en évaluer l’efficacité et le rendre accessible aux patients.
Des obstacles à la mise sur le marché
En réponse à la question de Frédéric Maillot, Geneviève Darrieussecq a souligné l'importance des campagnes de prévention et de suivi des parcours de soins pour lutter contre le diabète. Elle a toutefois précisé que la question de la mise à disposition de l'Heberprot-P relevait d'une autorisation préalable par l’Agence européenne du médicament (EMA) ou l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), ce qui n’a pas encore été fait par les laboratoires concernés.
"La demande d'autorisation de mise sur le marché doit être faite par les laboratoires, et à ce jour, aucun n’a soumis de demande auprès de l’Agence européenne du médicament", a assuré la ministre. Elle a exprimé sa volonté de continuer à travailler avec les parlementaires et les professionnels de santé pour améliorer la prise en charge du diabète en Outre-mer, mais a insisté sur le fait que sans cette démarche formelle, il était impossible de faire avancer la situation.
Geneviève Darrieussecq a ajouté : "Je suis prête à discuter de cette question avec vous et à vous aider, mais je ne peux pas faire cette demande à la place des laboratoires. Nous avons besoin des données scientifiques et des études cliniques pour évaluer ces produits."
Ainsi, bien que la ministre affiche une volonté de coopération, la disponibilité de l'Heberprot-P en France et dans les Outre-mer reste conditionnée à une démarche des laboratoires en vue de son autorisation.


