Santé : comment le gouvernement veut faire payer les malades pour économiser 700 millions d’euros

Le gouvernement envisage de faire payer plus cher les soins aux assurés, en doublant les franchises médicales et participations forfaitaires. Jusqu’à 200 euros pourraient être désormais déduits des remboursements annuels, une mesure contestée par les associations de patients.
Les franchises médicales vont-elles bientôt peser deux fois plus sur le portefeuille des assurés ? C’est l’une des pistes privilégiées par le gouvernement pour réduire les dépenses de santé. Selon les informations rapportées par Le Monde et confirmées par le cabinet de la ministre Catherine Vautrin à BFM Business, l’exécutif prévoit de doubler les plafonds annuels des franchises et participations forfaitaires, les faisant passer de 50 à 100 euros chacun. En clair, jusqu’à 200 euros par an pourraient être retranchés des remboursements de l’Assurance-maladie.
Responsabilisations des assurés
La mesure, défendue au nom de la “responsabilisation” des assurés, pourrait s’accompagner d’une évolution de son mode de paiement : la franchise sur les médicaments serait directement réglée au comptoir de la pharmacie, et non plus déduite a posteriori. “Nous voulons sortir de l’illusion du tout gratuit”, plaide Catherine Vautrin, citée dans Le Monde. Cette logique pourrait être étendue aux consultations médicales, en rendant les patients redevables de la participation forfaitaire auprès du praticien lui-même.
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Ces franchises — non remboursées par la Sécurité sociale ni par la plupart des complémentaires santé dites “responsables” — concernent les consultations, les médicaments, les transports sanitaires, les analyses et les soins paramédicaux. Et elles ont déjà augmenté l’an dernier : les montants ont doublé pour passer à 1 euro pour les médicaments, 2 euros pour une consultation médicale, et jusqu’à 4 euros pour un transport sanitaire. Mais jusqu’ici, les plafonds annuels étaient restés inchangés pour préserver les patients les plus fragiles.
Cette nouvelle hausse, possible par simple décret sans passer par la loi, viserait à générer jusqu’à 700 millions d’euros d’économies dès 2026, dans le cadre d’un effort plus large de 5,5 milliards sur le budget de la santé. Mais elle suscite déjà la colère des associations et syndicats. “Les franchises ne s’appliquent que sur des soins prescrits. Pourquoi ne parle-t-on jamais de la responsabilité des médecins ?”, dénonce France Asso Santé. Dominique Corona, de l’Unsa, redoute aussi une surcharge administrative pour les professionnels de santé et pointe une mesure injuste : “On ne touche pas aux taxes sur l’alcool, mais on fait payer les malades !”.
Exemptés de ces franchises : les mineurs, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), de l’aide médicale d’État (AME), les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse et les victimes d’attentats pour les soins liés. Pour les autres, la facture risque bien de grimper à partir de 2026, à moins d’un revirement.


