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Plan de sauvetage de la SPL Estival : les élus de la CIREST face à un choix crucial

Ecrit par S.I. – le mardi 26 novembre 2024 à 06H51


Ce lundi 25 novembre 2024, les élus de la CIREST se sont réunis pour examiner un ordre du jour allégé, mais crucial : l’adoption d’un nouveau contrat de délégation de service public pour la SPL Estival. Si le rapport a été adopté à la majorité, la séance a été marquée par des désaccords profonds entre les élus. 


Si le programme de ce conseil communautaire de la CIREST semblait limité, la séance a été pourtant animée, dans un contexte de tensions sociales croissantes au sein de la SPL Estival. En effet, un nouveau Plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE) a récemment été présenté aux syndicats de la SPL, suscitant la colère des salariés. Ce plan prévoit la suppression de 26 postes (24 licenciements + 2 départs volontaires) et une baisse généralisée des salaires, une mesure jugée "inévitable" par la direction pour redresser les finances de la société.

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Un vote majoritaire, mais des divisions profondes

Le président de la CIREST, Patrice Selly, s’est félicité de l’adoption à la majorité de ce nouveau contrat "visant à garantir la pérennité de la SPL Estival". Ce contrat, d’un montant annuel de 6,8 millions d’euros sur cinq ans, permettra selon lui d’assurer la continuité du service public tout en répondant aux exigences financières du tribunal de commerce. "Nous avons travaillé pendant plusieurs semaines avec la direction générale de la SPL Estival, son administrateur judiciaire, ainsi que la direction de la CIREST pour aboutir à cette proposition", a-t-il souligné.

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Pour Patrice Selly, cette étape est cruciale pour sauver la SPL, qui traverse une période de redressement judiciaire. "Le périmètre des lignes et le niveau de service resteront inchangés, ce qui garantit aux usagers une continuité de qualité", a-t-il affirmé, avant de rappeler que ce nouveau contrat s’inscrit dans une stratégie globale incluant "un Plan de sauvegarde pour l’emploi, la reconstitution du capital et d’autres mesures de redressement".

Une critique acerbe de la part des élus de Saint-André

Le maire de Saint-André et deuxième vice-président de la CIREST, Joé Bédier, a voté contre le rapport avec ses élus municipaux. Il s’est montré particulièrement critique envers la gestion de la SPL et le plan présenté. "Vingt-quatre licenciements, c’est trop. Nous avions prévenu dès le départ que certaines décisions mèneraient la SPL au fond du trou. Ce soir, nous restons cohérents avec nos valeurs", a-t-il déclaré.

Joé Bédier a également dénoncé un manque de concertation et une mauvaise gestion de la SPL Estival par la CIREST. Il a évoqué des dépenses qu’il juge injustifiées : "Comment va-t-on récupérer tout cet argent dilapidé en fêtes, en écrans, ou encore les 400 000 euros de chèques sans justificatifs ?". Il a conclu en regrettant l’absence d’une réflexion globale sur la gestion financière de l’intercommunalité : "En 2025, la contribution à la SPL pourrait grimper jusqu’à 9,5 millions d’euros. On tire de partout pour combler les trous, mais où cela nous mène-t-il ?". 

Son adjoint à la mairie de Saint-André, Jean-Marc Péquin, a quant à lui critiqué la transition de la SEM Estival en SPL, y voyant la source des difficultés actuelles, ajoutant que la nouvelle convention de DSP introduisait "une rupture dans la continuité du service public de transport". Il a également exprimé son désaveu vis-à-vis de l'augmentation du capital et de la contribution financière demandée, estimant qu’elles risquaient de peser lourdement sur les finances des communes membres.

Sabrina Ramin, élue de l'opposition à Saint-Benoit, a de son côté exprimé son indignation face aux licenciements annoncés. "On ne peut pas laisser 26 familles en détresse, elles ne doivent pas payer pour celles et ceux qui ont fauté", a-t-elle déclaré, s’interrogeant sur les critères ayant conduit à la sélection des salariés concernés par les licenciements.

"Le temps des responsabilités viendra"

En réponse aux critiques, Patrice Selly a défendu son approche, soulignant "que la majorité des élus avait compris l’urgence de la situation" et soutenait la proposition. Il a défendu la nécessité du PSE, tout en insistant sur l’accompagnement prévu pour les salariés concernés, en réponse aux interrogations de Jean-Marie Virapoullé, élu de l'opposition à Saint-André. Pour ce dernier, "la Cirest a un devoir moral de suivi de ces salariés". "Il y aura des indemnités, mais aussi un suivi individualisé grâce à des mesures proposées par France Travail", lui a répondu Patrice Selly, soulignant que plusieurs communes se sont déjà engagées à proposer des solutions de reclassement.

Enfin, interrogé sur les critiques concernant les responsabilités dans la situation financière de la SPL, le président de la CIREST a tenu à préciser que "le temps des responsabilités viendra". "Aujourd’hui, notre priorité est de sauvegarder un service public efficace, dans l’intérêt des usagers et de la majorité des salariés", a-t-il conclu. 

Alors que la troisième et dernière période d’observation arrive à son terme, le point d’étape prévu ce mercredi 27 novembre au tribunal de commerce sera crucial pour évaluer l’avenir de la SPL Estival. Avec une décision finale attendue en février 2025, les tensions restent vives entre une direction qui s’efforce de finaliser un PSE et une intersyndicale qui dénonce des licenciements arbitraires. Les semaines à venir s’annoncent déterminantes.

Etiquettes : Cirest | SPL Estival

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