[Pierrot Dupuy] Demande de subvention du JIR : Huguette Bello prend Jacques Tillier à contre-pied

Dans cette affaire, la présidente de Région a été maligne. Au prétexte d’instruire sa demande de subvention, elle a demandé à Jacques Tillier de lui fournir l’ensemble de ses comptes. Ceux du JIR, mais aussi ceux de ses quatre filiales. Comptes qu’elle a ensuite confiés à un cabinet d’audit spécialisé, si l’on en croit son communiqué.
Et c’est ce cabinet d’audit qui aurait découvert le pot aux roses.
Qu'a découvert le cabinet d'audit ?
Difficile de le savoir précisément au vu du seul communiqué.
Les faits constituant un abus de biens sociaux (un ABS pour les initiés) sont peut-être les plus faciles à identifier.
Pour s'en faire une idée, il faut peut-être remonter à un article du journal en ligne Parallèle Sud en date du 21 juillet 2021 intitulé "Jacques Tillier ou les c… en or en pleine faillite". L’article raconte par le menu, documents officiels à l’appui, comment le patron du JIR avait pu racheter pour 10.000 € sa propre entreprise après l’avoir mise en faillite et au passage planté les créanciers en effaçant une dette au départ de 11,8 M€, ramenée à 4,8 M€ après retranchement de toutes les sommes contestées par le journal.
Mais là n’est pas le plus intéressant. Un peu plus loin, le journaliste Franck Cellier (un ancien du Quotidien) révèle que "sur le document compilant la masse salariale présentée lors de la procédure de liquidation puis de rachat, NDLR), la ligne du directeur général affiche un crédit de 310.675,02 € pour la période allant du 1er janvier au 31 octobre 2020. Soit 10 mois. Extrapolé à une année comptant 13 mois, le coût salarial de Jacques Tillier atteint plus de 400 000 €. Interrogé sur ce montant, il a fait répondre à sa secrétaire : « Et ça vous choque »? Chacun aura sa réponse. (…) En retirant les charges, Jacques Tillier reçoit mensuellement environ 17.000 € par mois net. Sans compter le 13ème mois et les avantages divers en frais de bouche, billets d’avion, logement et voiture de fonction".
400.000€, c’est déjà énorme. Mais ces actionnaires dont nous parlions un peu plus haut n’hésitent pas à raconter que cette somme, une fois rajoutés tous les frais annexes (13ème mois, voiture de fonction (une BMW X6), maison de fonction, voyages en 1ère classe, serait plus proche de 500.000, voire de 600.000€. Ce qui fait dire à ces mêmes actionnaires que quand le patron du JIR obtient 1M€ de subvention de la Région ou de l’Etat, plus de la moitié va directement ou indirectement dans sa poche… On peut comprendre que la Région et l'Etat n'aient pas envie de remettre au pot.
Et voilà comment on en arrive à l’abus de bien social.
Commet un abus de bien social le patron qui touche un trop gros salaire dans une société en difficultés
L’article L. 241-3 du Code de commerce prévoit en effet que constitue un abus de bien social et "est puni d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 375 000 euros, le fait, pour les gérants, de faire, de mauvaise foi, des biens ou du crédit de la société, un usage qu’ils savent contraire à l’intérêt de celle-ci, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement".
Et il existe une multitude de jurisprudences de la cour de Cassation qui considèrent qu’un dirigeant qui se fait attribuer une rémunération excessive au regard de la situation de sa société commet un ABS. Or nul ne peut contester que le JIR est, et a toujours été, en grandes difficultés financières. Et qu’il n’a pu subsister jusqu’à aujourd’hui que grâce à des subventions masisves octroyées par la Région sous la mandature de Didier Robert. Plusieurs millions d’euros, d’argent public.
Restent les accusations d’abus de confiance et d’organisation frauduleuse d’insolvabilité. Nous n’avons pas d’informations particulières sur les faits délictueux qui justifient de telles accusations. Tout juste avons-nous entendu parler de problèmes de transferts de fonds entre le JIR et ses quatre filiales, filiales qui lorsqu’elles étaient bénéficiaires versaient des dividendes à Jacques Tillier son actionnaire. Ne doutons pas qu’on en saura plus prochainement.
Le plan d'Alfred Chane Pane prévoit la continuation des deux journaux
Profitons au passage pour rectifier une accusation portée par Jacques Tillier dans son édito qui doit paraitre demain matin, samedi. Le patron du JIR écrit en effet : "Il me faut vous dire que le Journal de l’Île s’apprête à entrer dans la dernière ligne droite. Du 22 mars au 3 avril, et pas après, va en effet se jouer une partie décisive en marge de la reprise du Quotidien par trois repreneurs. Ceux de NewCo qui reprendraient et le Quotidien et le Jir, l’un en quotidien, l’autre en hebdo, alors que les deux autres, Chane Pane associé à l’ami Pierrot Dupuis, Henri Nijdam, dans le rôle du coucou version goyave de France, n’envisagent que la reprise du Quotidien à condition, après avoir tout de même fait main basse sur Clicanoo, que le Jir disparaisse purement et simplement pour que puisse vivre en solo le Quotidien imprimé, géré par Chane Pane…".
Après avoir gentiment fait remarquer à mon ami Jacques, pour la énième fois, que mon nom s’écrit avec un "y", mais là n’est pas l’essentiel, je souhaiterais tordre le cou une fois pour toutes à cette vilaine rumeur qu’il véhicule depuis quelques semaines déjà, nous accusant au passage de vouloir mettre en place une "Pravda" locale.
Le plan présenté par Alfred Chane Pane est le seul à justement prévoir la continuation des deux journaux, avec deux rédactions séparées et indépendantes, logées dans deux sociétés différentes. Chacune gardant sa ligne éditoriale, celle du Quotidien plutôt de gauche et celle JIR plutôt de droite.
Si notre plan était retenu, le JIR et Le Quotidien continueraient à paraitre TOUS LES DEUX du lundi au vendredi. Seul point commun avec les deux autres projets, les deux quotidiens seraient remplacés le week-end par un magazine. Difficile pour Jacques Tillier de faire croire qu’il n’était pas au courant puisque je le révélais dès le 17 décembre dernier dans une vidéo publiée sur Zinfos.
Par ailleurs, toujours dans l’édito de demain samedi, il affirme que si le tribunal retenait notre offre, cela "entraînerait dans la foulée la mise à l’ombre de Pôle Emploi de 108 salariés, la détresse de leurs familles". Une fois encore, Jacques Tillier a la mémoire courte. Très courte même puisqu’il n’y a pas plus de trois jours, il a informé ses salariés qu’il allait mettre en place un PSE qui allait aboutir au licenciement de 40 d'entre eux, dont 20 journalistes, soit la moitié de la rédaction. Leurs familles ne vont pas être en détresse, celles-là ?
Dans notre offre, et je ne doute pas qu’il l’ait lue mot à mot, nous précisons que "les salariés non repris ayant fait l’objet d’un licenciement pour motif économique bénéficieront par ailleurs, pour ceux qui auront exprimé le souhait d’en bénéficier, d’une priorité de réembauche d’une durée de un (1) an à compter de la date de rupture de leurs contrats de travail".
Cela méritait d’être dit.


