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PEC : "On n'aura pas les moyens d'aller plus loin", alerte Selly en vue de la rentrée d'octobre

Ecrit par P.M. – le mardi 18 août 2026 à 17H03
Ce matin, Patrice Selly s'ets d'abord rendu à l'école des Orangers, la plus petite de la ville avec uen classe sur plusieurs niveaux (photo mairie de Saint-Benoît).

Même si la rentrée s'est déroulée sans encombre à Saint-Benoît, Patrice Selly maintient son alerte sur la chute des PEC. Avec une trentaine de contrats arrivant bientôt à terme, le maire dit ne pas pouvoir garantir la réouverture des écoles en octobre. En parallèle, la ville se félicite de la mise en place de la gratuité des fournitures scolaires pour cette rentrée, pour un effort d'environ 500 000 euros.

Les marmailles ont bien repris le chemin de l'école ce mardi à Saint-Benoît. Une rentrée qui s'est finalement déroulée dans de bonnes conditions malgré les inquiétudes exprimées depuis plusieurs mois par Patrice Selly.

Mais si les portes des établissements ont pu ouvrir ce mardi, le maire bénédictin refuse de considérer la situation comme revenue à la normale.

"Globalement, on peut considérer effectivement que la rentrée se passe dans de bonnes conditions à Saint-Benoît, puisque les enfants sont de retour au sein de leur établissement scolaire. Mais je maintiens le fait que ce n'est pas une situation normale que nous connaissons aujourd'hui sur notre commune", insiste-t-il.

En cause, toujours, la diminution drastique du nombre de Parcours emploi compétences (PEC) accordés par l'État. Saint-Benoît disposait de 95 contrats en 2025. La Préfecture n'en a accordé que 34 cette année.

Pour compenser une partie du manque, 15 PEC supplémentaires ont été accordés par le Département et seront effectifs à partir du 1er septembre. La ville et la caisse des Écoles ont également financé 12 CDD.

"Des conditions dégradées"

Des efforts qui ont permis de maintenir les principaux services, dont la restauration scolaire et l'accueil périscolaire, mais sans retrouver le niveau d'encadrement de l'année dernière.

Dans les classes de grande section, une seule ATSEM est notamment positionnée pour deux classes dédoublées.

"On a été obligés de s'organiser différemment, de mettre en œuvre du redéploiement de personnel. Mais ce sont des conditions, à mon sens, qui ne sont pas optimum, qui sont des conditions dégradées et qui ne permettent pas d'assurer la sécurité à laquelle, moi, j'aspire pour les marmailles de Saint-Benoît", explique Patrice Selly, présent ce matin à l'école des Orangers, la plus petite de la ville avec une seule classe sur plusieurs niveaux. 

Une situation qui confirme les craintes exprimées par l'élu ces derniers mois. Avant la rentrée, il n'excluait pas que certains établissements ne puissent pas ouvrir faute d'effectifs suffisants.

La rentrée d'août est finalement passée. Celle d'octobre inquiète désormais beaucoup plus sérieusement la municipalité.

"Nous n'avons pas de solution" pour octobre

Près d'une trentaine de PEC recrutés au cours de l'année scolaire précédente arriveront à leur terme après les prochaines vacances scolaires.

Une nouvelle diminution des effectifs qui toucherait directement l'entretien des établissements, les cantines, la pause méridienne ou encore le périscolaire.

Patrice Selly est très clair : "À ce jour, pour la rentrée d'octobre, nous n'avons pas de solution pour pouvoir garantir et assurer aux parents d'élèves de Saint-Benoît la réouverture des établissements scolaires."

Le maire refuse également de considérer la suppression ou la réduction du périscolaire et des garderies comme une réponse satisfaisante.

"L'objectif pour nous, c'est de pouvoir mettre en œuvre un service public de qualité qui comprenne à la fois le périscolaire, l'encadrement nécessaire pour la pause méridienne. Et donc l'objectif, c'est d'avoir un personnel communal suffisant pour tous ces temps du quotidien des marmailles."

"On n'aura pas les moyens d'aller plus loin"

Contrairement à d'autres collectivités qui ont dû recruter massivement sur leurs fonds propres pour compenser la disparition des PEC, Saint-Benoît estime avoir atteint sa limite financière.

"Nous, à Saint-Benoît, on n'a pas les moyens de dépenser un million, deux millions, trois millions d'euros comme d'autres communes ont pu le faire pour cette rentrée scolaire-là. Saint-Benoît est une commune avec une situation particulière qui a connu des difficultés budgétaires extrêmement nombreuses."

Interrogé sur la possibilité pour la commune de consentir un effort financier supplémentaire d'ici octobre, Patrice Selly ferme la porte :

"Non, on n'aura pas les moyens d'aller plus loin, sauf à ce que l'État décide de débloquer des enveloppes supplémentaires."

Pour le maire, la réponse passe avant tout par une révision du nombre de contrats accordés : "La solution, pour nous en tout cas, qui serait la plus adaptée, serait de revoir à la hausse le quota de PEC, au moins pour cette année 2026."

Gratuité des fournitures scolaires : "Une vraie réussite"

Ces difficultés budgétaires ne remettront en revanche pas en cause une autre mesure phare de la municipalité : la gratuité des fournitures scolaires.

Pour cette rentrée, les parents des élèves des écoles élémentaires ont bénéficié d'un forfait de 90 euros par enfant. Pour les maternelles, une enveloppe de 40 euros par élève a été directement attribuée aux enseignants afin de répondre aux besoins pédagogiques des classes.

Selon Patrice Selly, la quasi-totalité des familles concernées a bénéficié du dispositif.

"Quasiment 100 % des parents dont les enfants fréquentent les établissements communaux à Saint-Benoît, en primaire ou en maternelle, ont pu bénéficier de cette gratuité. Donc on en tirera le bilan plus précis dans quelques jours, quelques semaines. Mais aujourd'hui, ce qu'on peut dire, c'est que c'est une vraie réussite."

Selon la municipalité, l'effort représente environ 500 000 euros pour la Ville. Une prise en charge également répercutée dans la subvention accordée aux écoles privées de Saint-Benoît afin que les élèves qui y sont scolarisés bénéficient eux aussi de cet effort, assure la municipalité.

Sur le terrain, les premiers retours semblent positifs. À l'école des Orangers, la directrice rapporte notamment le témoignage d'une mère pour laquelle l'enveloppe a permis de couvrir l'ensemble de la liste demandée en CP.

La gratuité des effets scolaires s'inscrit dans une politique plus large revendiquée par Patrice Selly en faveur du pouvoir d'achat, après la quasi-gratuité de la cantine scolaire mise en place à partir de 2021. La prochaine étape annoncée par le maire sera la généralisation de la tenue unique, après consultation des conseils d'école.

Patrice Selly répond au ministre de l'économie

Interrogé sur les récents propos du ministre de l'économie dans une interview accordée à Libération, dans lequel il comparait notamment les contrats aidés à des "tunnels vers la misère", ces derniers traduisent pour le président de Banian une "méconnaissance" de la situation sociale.

"Ce sont des propos qui ne sont pas acceptables. Ça dénote surtout un manque de connaissance de la réalité du terrain et de la réalité des territoires comme ceux de La Réunion. Il y a une déconnexion entre les ministres qui s'expriment de cette manière-là et ce que nous vivons en tant qu'élus locaux ici."

Le maire rappelle la situation sociale particulièrement fragile de Saint-Benoît et reconnaît que les PEC ne constituent pas une réponse idéale à l'emploi.

"Les PEC, ce n'est pas la solution miracle ou la solution idéale, mais ça permet malgré tout à de nombreuses familles de retrouver le chemin du travail, de retrouver le chemin de l'emploi et surtout d'avoir un revenu à la fin du mois pour pouvoir assumer les charges du foyer."

Etiquettes : Patrice Selly | PEC | Saint-Benoît

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