La FSU dénonce une rentrée sous tension à La Réunion

Pour la FSU, la rentrée 2026 se déroule sous pression, entre manque de moyens, difficultés de recrutement et dégradation des conditions de travail.
Salaires, suppressions de postes, inclusion, précarité et conditions de travail : la FSU a dressé, ce jeudi matin, un bilan très critique de la rentrée 2026 à La Réunion. La fédération annonce également une mobilisation le 29 septembre, dont les modalités locales restent à définir avec l'intersyndicale.
Pour Antoine Laurenti, co-secrétaire départemental de la FSU, la question salariale sera au coeur de la mobilisation du 29 septembre. Le syndicaliste réclame une "revalorisation réelle des salaires", rappelant notamment la situation des agents de catégorie C, dont le salaire indiciaire peut être inférieur au Smic et compensé par des primes. Un système qui pénalise ensuite le niveau de retraite, puisque les primes ne sont pas intégrées au calcul de base.
La FSU pointe également les spécificités réunionnaises en matière de retraites, avec des carrières parfois fragmentées, notamment dans la territoriale, et une absence de prise en compte suffisante de la vie chère.
L'enseignement professionnel sous tension
Evelyne Ferry, co-secrétaire du SNUEP-FSU, juge le bilan des deux quinquennats d'Emmanuel Macron "bien amer" pour l'enseignement professionnel. Elle dénonce une succession de réformes et l'absence de bilan sur certaines d'entre elles, notamment celle concernant l'année de terminale du bac professionnel.
Elle s'inquiète également de la situation de l'apprentissage, dont l'attractivité serait en baisse avec la diminution des financements. Selon le syndicat, l'enseignement professionnel accueille désormais 40.000 élèves supplémentaires, soit une hausse de 8 %, tandis que les moyens n'auraient progressé que de 1 %.
L'extension de l'interdiction du téléphone portable et des objets connectés au lycée est également critiquée. La FSU dénonce une réforme jugée insuffisamment préparée, alors même que les outils numériques sont largement utilisés à des fins pédagogiques. Le syndicat demande enfin une meilleure prise en compte des personnels bénéficiant d'une RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) et l'adaptation effective de leurs postes de travail.
22 postes supprimés dans le premier degré
Du côté de la FSU-SNUipp 974, Béchir Ben Hamouda estime que l'Éducation nationale "demande toujours plus aux personnels avec toujours moins de moyens". Après une première annonce de 25 suppressions, l'académie a finalement arrêté à 22 le nombre de postes supprimés dans le premier degré à La Réunion.
Le syndicat conteste l'utilisation de la baisse démographique comme justification. Il réclame au contraire une baisse des effectifs par classe, un renforcement du remplacement et le développement des dispositifs spécialisés.
L'inclusion scolaire reste un autre point de tension. La FSU-SNUipp réclame davantage de moyens d'AESH, des emplois pérennes et des interlocuteurs clairement identifiés dans le cadre de la fermeture des PIAL et de la généralisation des Pôles d'Appui à la Scolarité (PAS). Le syndicat dénonce également des fermetures de classes décidées après la rentrée, ainsi que les difficultés liées aux fournitures scolaires dans certaines communes. La fin des Parcours Emploi Compétences (PEC) aggraverait par ailleurs la pénurie de personnels dans les écoles maternelles.
Face à ces difficultés, la FSU-SNUipp demande notamment un renforcement des moyens, une revalorisation salariale, davantage d'AESH, un plan de rénovation et d'adaptation climatique des écoles et une plus grande transparence dans les opérations de mobilité.
La précarité et les fortes chaleurs au coeur des revendications
Sébastien Huet, délégué FSU Territoriale, insiste de son côté sur le manque d'effectifs, la précarité de l'emploi et la dégradation des conditions de travail. Pour la fédération, "lorsque le besoin est permanent, l'emploi doit être permanent". Elle réclame donc un plan de déprécarisation, davantage de recrutements de titulaires et de meilleures perspectives pour les agents contractuels.
La revalorisation du point d'indice, la reconnaissance des qualifications et de la pénibilité ainsi qu'une plus grande transparence dans les mobilités figurent également parmi les demandes.
Enfin, à l'approche de l'été austral, la FSU souhaite anticiper les fortes chaleurs dans les établissements. Elle demande une amélioration de la ventilation, des protections adaptées, un accès à l'eau et, si nécessaire, une adaptation de l'organisation du travail.
Pour la FSU, le constat est donc transversal : les personnels doivent faire face à davantage de difficultés avec des moyens jugés insuffisants. La fédération entend porter ces revendications lors de la mobilisation annoncée le 29 septembre.


