Monique Orphé sur la grève dans le BTP : Le dialogue social doit reprendre !

Les discussions entre salariés et patrons qui doivent avoir lieu dans le cadre de la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) dans le secteur du BTP sur notre île ont à nouveau échoué au bout de cinq jours de grève. Ce conflit social met en lumière de façon évidente les difficultés à établir un dialogue social serein et constructif dans notre pays. Cet affrontement, s’il s’éternise, risque de s’étendre aux salariés des dockers, aux transporteurs, et de paralyser l’économie de l’île qui pourtant commence à se relever de la crise de 2008 grâce, notamment, à la commande publique (route du littoral, construction de logements sociaux...).
La négociation collective est un droit garanti constitutionnellement et est organisé par la loi. Elle est nécessaire pour trouver des accords entre salariés et employeurs et pour apaiser les rapports de force. Il incombe cependant aux partenaires sociaux d’engager cette négociation dans la sérénité, autour d’une table où chaque partie écoute, à priori, les propositions de l’autre.
Force est de constater que, dans le cas présent, celle- ci a démarré par des positions figées qui n’ont pas permis d’engager ces négociations dans des conditions favorables à la discussion. Les revendications des salariés sont légitimes et on ne peut pas les rejeter avant même le commencement des négociations. Je déplore que, trop souvent, c’est malheureusement le cas à la Réunion. Même si l’on entend et comprend les difficultés des entreprises, notamment de certains secteurs d’activités comme le BTP, ça ne peut justifier une attitude peu constructive dans l’établissement du dialogue social.
Il a été fait appel à la médiation de l’Etat via le Préfet pour régler ce conflit. La médiation par une troisième voie dans le cadre du dialogue social n’est pas une solution pérenne car les partenaires sociaux doivent pouvoir défendre leurs positions et négocier ensemble, dans une attitude responsable de chacune des parties. C’est dans ce contexte que l’on comprend l’importance de la mis en place du projet de loi travail, actuellement discuté au Parlement, qui vise précisément à réformer ces méthodes dépassées de conflit sociaux et je milite pour qu’un vrai dialogue social responsable soit établi dans notre pays, et surtout sur notre île.
Je souhaite qu’un compromis soit trouvé le plus rapidement possible entre les partenaires sociaux pour que cesse la paralysie des chantiers qui doivent être engagées, qui sont primordiaux pour le développement de la Réunion.
MONIQUE ORPHÉ


