Lutte contre la pollution : le Plastic Odyssey débute sa mission dans l’océan Indien

Après avoir passé huit jours sur l’île, le Plastic Odyssey navigue vers de nouveaux horizons. Plongeons ensemble dans les coulisses de ce projet environnemental, pour la protection des eaux de l’océan Indien.
Il est grand, il aime voyager et il sert la cause écologique ! Le Plastic Odyssey sillonne les océans depuis octobre 2022, pour une durée de trois ans. Parti du port de Marseille et récemment en escale à La Réunion, le bateau explore les régions les plus touchées par la pollution plastique, avec à son bord 20 explorateurs. Leur mission ? Trouver des solutions concrètes pour lutter contre ce fléau.
Ce projet est né en 2016 dans l'esprit de Simon Bernard, à l’époque officier de marine marchande : “J’ai fait escale au Sénégal sur une plage très polluée. Quand je me suis rendu compte de tout ce plastique qui arrivait dans l’océan, j’ai eu envie de m’intéresser aux solutions”.
“Plastic Odyssey, c’est une expédition autour du monde pour partager les meilleures solutions pour lutter contre la pollution plastique, réduire l’usage du plastique et trouver des solutions pour recycler tous les déchets qui sont déjà là”, résume l'explorateur.
Une mission de quatre mois dans l’océan Indien
Pendant quatre mois, d’avril à juillet, le navire Plastic Odyssey mènera à bien le projet Expédition plastique océan Indien (ExPLOI). En corrélation avec la Commission de l’océan indien, ce projet s’articule autour de trois grands axes :
- L’amélioration de la connaissance des impacts de la pollution marine par le plastique
- L’éducation à l’environnement et la sensibilisation à la pollution plastique
- Le développement d’une économie circulaire régionale
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Après avoir sensibilisé le public réunionnais pendant une semaine, le Plastic Odyssey prend le large et continue sa mission dans l’océan Indien. Simon Bernard, aujourd'hui président et cofondateur du projet, donne son avis des côtes réunionnaises : “C’est sûr qu’il y a beaucoup moins de plastique ici à La Réunion sur les côtes que ce qu’on a l’habitude de voir. Ce qui est intéressant, c’est de voir en mer le plastique qui est le moins visible : les microparticules”. Ce sont ces microparticules, que l’on retrouve un peu partout, qui serviront de point central aux scientifiques pour mesurer l’impact du plastique dans la zone.
Le projet vise également à la construction de plusieurs centres de recyclage des déchets et de petites usines de conteneurs, principalement implantés en Afrique de l’ouest et aux Philippines. Un futur centre pourrait en outre voir le jour dans l’océan Indien : “L’idée des escales est de trouver des acteurs locaux, des entrepreneurs et des collectivités qui vont pouvoir répliquer ces solutions. Donc l’objectif serait pourquoi pas d’en installer ici à La Réunion ou en tout cas dans l’océan Indien pour traiter les plastiques qui peuvent être générés dans la zone”.
Du déchet à l’objet : une seconde vie pour le plastique
Ce navire laboratoire de 40 mètres de long a la particularité de recycler en son sein le plastique récolté dans l’océan et sur les côtes. “On a des machines assez simples à bord, comme un broyeur qui nous permet de couper et découper les déchets plastiques en petits morceaux. On obtient alors des copeaux qu’on va ensuite faire fondre pour en refaire des nouveaux matériaux”, explique Simon Bernard.
Ces déchets en plastique recyclé prennent ainsi la forme de matériaux de construction comme des pavés routiers ou encore des tuiles et des tôles. Ils sont également transformés en mobilier tels que des bancs et des chaises : “On peut les utiliser comme si c’était du bois”, précise l'explorateur.
À noter, que le Plastic Odyssey est lui-même un produit recyclé. En effet, le bateau est un ancien navire océanographique en circulation depuis les années 1970. Le navire ne navigue maintenant qu'à une faible vitesse, pour réduire au maximum son impact direct sur l'environnement.
Une nouvelle manière de vivre
Dans la zone de vie du bateau, tout est pensé pour que l’équipage réduise sa consommation de plastique. À chaque escale, celui-ci découvre de nouvelles idées qu’il embarque pour pouvoir le partager avec le plus grand nombre. La vaisselle à usage unique est remplacée par des ustensiles créés à partir de copeaux de bois et de feuilles.
Le Plastic Odyssey comporte également à son bord une innovation ingénieuse : un système permettant de potabiliser l’eau. “Le but est de rendre l’eau douce potable, car elle ne l’est pas toujours dans les pays où on va, détaille l'explorateur, ça nous permet d’éviter d’acheter des bouteilles en plastique”.
Grâce à ce système embarqué, le Plastic Odyssey a pu économiser 200.000 bouteilles d’eau depuis le début de son expédition.
Le navire, actuellement à Maurice, fera ensuite escale à Victoria (Seychelles), à Grande Comore et à Anjouan (Comores) avant de terminer sa mission dans l’océan Indien à Tamatave (Madagascar). Au terme de cette mission, le navire laboratoire continuera son tour du monde en direction de l’Afrique de l’Est, puis sera de retour en Afrique de l’Ouest. Il rentrera enfin en France métropolitaine en mars 2026.


