Revenir à la rubrique : Faits divers

L'oncle soupçonné d'avoir abusé de sa nièce de 8 ans relaxé puis condamné

Accusé d’agression sexuelle sur sa nièce il y a vingt ans, un oncle a fait face à la cour d'appel en juin dernier après une relaxe controversée à St-Pierre. Entre souvenirs douloureux et absence de preuves matérielles, la quête de vérité a confronté la justice au défi d'en apporter la preuve.
Ecrit par Isabelle Serre – le dimanche 29 septembre 2024 à 11H10
La nièce affirme avoir été victime d'abus sexuel il y a 20 ans (Photo d'illustration)

C'est un véritable écheveau que la cour d'appel a dû démêler en juin dernier dans cette affaire d'agression sexuelle incestueuse. "La question n’est pas de savoir si madame est une menteuse, mais plutôt si la cour dispose d’une preuve pour condamner monsieur", a interrogé Me Gabriel Odier, avocat d'un oncle qui est poursuivi pour avoir abusé de sa nièce alors que celle-ci avait entre 8 et 11 ans. En août 2023, le prévenu avait été relaxé par le tribunal judiciaire de St-Pierre.

La nièce explique qu’elle était très proche de celui-ci ainsi que de sa tante et qu’elle considérait le couple comme ses parents. Régulièrement, lorsqu'elle était enfant, elle se rendait chez eux et y passait la nuit. Il n’y avait pas forcément beaucoup de place dans la maison et la fillette était souvent accueillie dans leur lit. C’est là que l’oncle lui aurait infligé un premier cunnilingus et différentes caresses sur le sexe. Plus tard, un deuxième alors que la tante conteste tout et promet qu’elle était toujours présente lorsque la fillette venait leur rendre visite.

Lire aussi : Agression sexuelle incestueuse : Comment en apporter la preuve 20 ans après ?

À la barre de la rue Juliette Dodu, la jeune femme désormais âgée de 29 ans a été longuement interrogée par son avocate, le but étant de convaincre les juges de la véracité de son récit. Car en première instance, malgré un discours qui n'a jamais varié depuis le dépôt de plainte fin 2020, les juges ont indiqué qu’à défaut d’éléments concordants, ils ne condamneraient pas le mis en cause âgé de 56 ans. Ce dernier s'est montré imprécis face à des questions pourtant simples posées par la cour alors que son avocat a pointé des incohérences de dates, de lieux et de récit chez la victime.

Estimant que l'adolescence perturbée de la plaignante était un signe qui ne trompait pas sur les traumatismes subis, la représentante de la société a proposé à la cour de prononcer la même peine que celle requise par son homologue de St-Pierre : 1 an de prison avec sursis.

La cour a décidé ce jeudi que l'oncle était coupable. Il est sanctionné à hauteur de trois ans de prison avec sursis. Son nom est désormais inscrit au FIJAIS, le fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

 

Etiquettes : Agression | Faits-divers

Dans la même rubrique

0💬
Tri :