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Les cultures de Hell-Bourg entièrement dévastées

Ecrit par Eric Lainé – le mardi 4 mars 2025 à 11H42

“Le cyclone la graine toute”, résume d'un trait Paul qui appartient à une famille d'agriculteurs de père en fils. A mesure que l'on avale les kilomètres, le même paysage de désolation défile sous nos yeux. A l'image des exploitations de Plateau Sisayhaye ou de chemin Belouve à Bellevue, l'ensemble des agriculteurs de Hell-Bourg ont tout perdu avec le passage du cyclone Garance. C'est un peu comme si les vents de Garance avaient épargné le village, préférant balayer les écarts situés en contrebas et sur les hauteurs.

Tomates sous serre, maïs, citrouilles, courgettes, concombres, piments et bananes... tout est bon à jeter. Et surtout les fameux chouchous qui font la notoriété du cirque de Salazie. Avant de pénétrer dans l'exploitation de Sylvio Cocotier, les grands camphriers puis les majestueux cryptomerias sont presque tous couchés ou décapités. Sur le bord, une famille s'affaire à récupérer des rondins de bois que le père découpent méticuleusement à la tronçonneuse. 

Mathias Cocotier (ici dans son champ de courgettes) a tout perdu comme le reste de sa famille et ses voisins.

Une fois le portail de l'exploitation de la famille Cocotier franchi, le même spectacle de désolation s'offre au regard du visiteur. A perte de vue, les cultures sont dévastées. Sylvio, un père de famille de 47 avec trois enfants, est occupé avec ses voisins venus prêter main forte à redresser les treilles de chouchoux qui reposent au sol. “Un travail de Titan. Il faut être pas loin d'une douzaine mais l'idéal est d'être à 15 pour avancer correctement”, confie un de ses voisins agriculteur. 

Les camphriers ont été durement touché le long de la route de Belouve à Hell-Bourg

“On est à terre”

Démonstration faite sous nos yeux, il faut déployer beaucoup d'énergie pour rehausser les treilles. Sylvio marque une courte pause pour expliquer qu'il a “tout perdu à 100%”. Les quelques 2,4 hectares de chouchoux, brèdes chouchoux et de bringelles sont bonnes à mettre au rebut. “On est à terre. Nous baisse pas les bras mais y sera difficile...”, commente Sylvio avec une pointe d'amertume.

Les branches cassées ou pincées privent les légumes d'ombrage et d'eau. Cuites par le soleil, les courgettes et les bringelles pourrissent de l'intérieur. “Les plants sont trop abîmés, il est préférable d'arracher. Nous allons laisser les sols dégorger toute l'eau puis nous allons arracher et tout débarrasser. Je ne sais pas quand nous allons pouvoir redémarrer, peut-être dans quatre ou cinq mois...”, poursuit Mathias Cocotier. L'agriculteur est d'autant plus découragé que lui et ses collègues sortent de la période de sècheresse qui a mis à rude épreuve leurs exploitations. “Certains ont la trésorerie pour recommencer mais ce sera plus difficile pour d'autres avec le coût des matériaux et les dettes”, ajoute-t-il. Et d'ajouter avec pessimisme : “Il y a peut-être un nouveau en cyclone en préparation...”

Les cryptomerias ont souffert eux aussi.

Etiquettes : Hell-Bourg | Salazie

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