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Les collectivités de l'Ouest prises au piège des fêtards du 31 décembre sur les plages

Si les autorités de la côte Ouest affirment ne pas organiser la célébration du réveillon sur les plages de l'Ouest, force est de constater que le phénomène séduit de plus en plus de monde. Cinquante médiateurs de plage, vingt sapeurs pompiers, autant de gendarmes, des ripeurs de camion poubelle et des agents municipaux seront mobilisés.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 26 décembre 2011 à 18H44

Faut-il mettre à l'amende les campeurs indélicats comme commence à le faire la commune de Petite-Ile sur sa plage de Grand Anse? Ou faut-il "accompagner' l'événement ?

Les collectivités de la côte Ouest (TCO) et la mairie de Saint-Paul en premier lieu ont décidé de ne pas modifier leur plan marshall de l'année dernière.

En clair, "la commune n'est pas organisatrice de la fête sous les filaos du lagon mais elle est accompagnatrice" dit Jean-Claude Melin, adjoint et président de Tamarun, la SEM en charge du nettoyage des plages. "Oui, la municipalité subit l'événement", même si cela participe de l'attractivité du territoire, ajoute-t-il.

Cette année, 2.000 sachets seront distribués aux familles. Une incitation à produire encore plus de déchets ? Pas du tout, "cela est surtout utile pour faciliter le travail du personnel de Tamarun et des camions bennes". Le bilan de début 2011 avait montré une bonne prise de conscience, relève l'élu de l'Ouest. Alors pourquoi ne pas poursuivre sur cet aspect préventif plutôt que répressif. Ainsi, environ 80% de la masse totale des déchets de l'année dernière avait été collectée. Les 20% restants avaient dû demander plus de travail, car ils étaient dans la nature.

"Le TCO mettra à disposition 70 poubelles supplémentaires" poursuit Frédéric Touzet, responsable d'exploitation à la direction de l'environnement du TCO, soit quasiment le parc complet à disposition de la collectivité.

10 kg de restes de fusées et autres pétards dans le lagon

"Nous attendons entre 8 à 10 tonnes de déchets récupérés dès le 1er janvier" estime Tamarun. L'année dernière, la pesée affichait un beau 8 tonnes. Jusqu'au 3 janvier, 30 tonnes seront au total récoltées, tous services confondus. "Ce sont les saint-paulois qui font les frais d'un événement qui draine des personnes venant de toute l'île" admet la municipalité. "Mais que faut-il faire ? Interdire de faire exploser pétards et fusées ?" demande désabusé le DGS de la mairie Alain Payet. En clair, "s'il est  facile pour moi d'écrire un texte en ce sens" dira le DGS, la volonté politique se heurte à ce que Jean-Claude Melin appellera sourire en coin une forme de "tradition".

Dans la réalité, réveillonner sur le bord de mer n'est pas une tradition mais plutôt un phénomène de mimétisme des autres réveillons du 31 décembre pris sur d'autres plages du monde. Faut-il s'en féliciter à la vue des déchets récoltés, de la menace sur le lagon (10 kg de déchet de fusées récoltés par Surfrider Foudation l'année dernière) et du poids qu'ils font peser sur les finances locales ?

L'ensemble des acteurs, y compris le Club Tourisme, partenaire de cette manifestation spontanée l'admet : les images de fête sur les plages de l'Ouest de l'île sont reprises sur les télés nationales. Difficile de lutter dans ce cas...

Le budget prévisionnel pour les collectivités se chiffre à 70.000 euros. Si la fête sous les filaos est l'oeuvre de réunionnais des quatre coins de l'île, la mairie de Saint-Paul en supporte étrangement la moitié du coût, soit 35.000 euros. La suite de la ventilation va aux acteurs du privé qui, heureusement, s'impliquent (25.000 euros), Tamarun (10.000 euros, autrement dit la mairie de Saint-Paul à nouveau puisque Tamarun en est une émanation) et 5.000 euros pour le TCO.

Rendez-vous est donné la semaine prochaine pour un bilan gueule de bois.

 

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