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Législatives : Les candidats du Nouveau Front populaire mettent en avant la « crédibilité » de leur programme

Un programme "chiffré, précis et clairement un programme de gauche", assure Huguette Bello. Le mouvement Pour La Réunion (PLR), ses soutiens et les candidats soutenus par le Nouveau Front populaire (NFP) ont dévoilé ce lundi le programme qu'ils comptent mettre en place en cas de victoire aux prochaines législatives. Parmi les mesures phares, l'abrogation de la réforme des retraites à 64 ans, un encadrement du prix des loyers et des produits de première nécessité ou encore un SMIC à 1.600 euros.

Ecrit par S.I. – le lundi 24 juin 2024 à 20H28

En préambule, Huguette Bello, présidente de Région, a exprimé sa solidarité avec le peuple kanak en dénonçant la « répression policière » en Nouvelle-Calédonie, parallèlement au transfert des militants indépendantistes du CCAT en France hexagonale. « Cela ravive les tensions et revêt un caractère colonialiste », a-t-elle déclaré, appelant à la libération des militants emprisonnés.

 

Nouveau Front populaire : « La seule alternative crédible« 

 

La cheffe de file du PLR est ensuite revenue sur ces élections législatives en critiquant la dissolution de l’Assemblée nationale, qu’elle attribue à la pression du Rassemblement national (RN), dénonçant au passage la stratégie du président de la République de mettre sur le même plan le RN et la France insoumise (LFI). « C’est à se demander si le président de la République et ses soutiens ne souhaitent pas une victoire du RN », a-t-elle déclaré, ajoutant que le Nouveau Front populaire « est la seule alternative crédible ». À commencer par son programme qu’elle estime « chiffré, précis et clairement un programme de gauche », avec des mesures pour améliorer le pouvoir d’achat, les salaires, le logement, la fiscalité, les services publics et la transition écologique. « Ce programme tourne le dos au programme de rigueur annoncé par Bruno Le Maire, avec une relance de l’économie par la demande. Ce n’est ni Macron, ce n’est ni Bardella avec leur politique de droite qui le feront », assure-t-elle.

Huguette Bello en a profité pour lancer un nouvel appel au rassemblement et à l’unité autour des candidats NFP (Emeline K’Bidi, Karine Lebon, Perceval Gaillard, Philippe Naillet, Jean-Hugues Ratenon, Frédéric Maillot et Alexis Chaussalet), présentés comme les défenseurs légitimes du Nouveau Front populaire : « Au-delà des postures des appareils politiques et municipaux, notre appel est entendu par la population. L’enjeu, ce ne sont pas les Municipales ou les Régionales, ni les considérations politiciennes de rééquilibrage. L’enjeu, c’est de barrer la route à l’extrême-droite, de sanctionner Macron pour porter au pouvoir un gouvernement de gauche ».

 

Des mesures spécifiques pour les Outre-Mer

 

Younous Omarjee, député européen, a souligné l’importance historique des élections actuelles et la responsabilité des Réunionnais. Selon lui, chaque député des Outre-Mer pourrait jouer un rôle crucial « pour sauver la République ».  « Toute l’histoire a montré que lorsque la gauche est au pouvoir et unie tant à La Réunion qu’en France hexagonale, nous avons eu des avancées concrètes pour notre population », indique-t-il. Et cela sera également le cas « dès le 8 juillet » prochain en cas de victoire du Nouveau Front populaire poursuit-il, avec des mesures prises « par décret » pour les Outre-Mer dans les 15 premiers jours comme un blocage des prix « des produits de première nécessité, dans l’alimentation, l’énergie et les carburants », tout en renforçant le bouclier qualité-prix. « Nous envisageons également dans les 15 premiers jours, toujours par décret, un principe de faveur des ultramarins sur les postes à responsabilité et le retour des fonctionnaires d’État dans leur pays« , ajoute Younous Omarjee.

Enfin, ce programme vise une hausse du SMIC à 1.600 euros ainsi que l’abrogation de la réforme des retraites à 64 ans. « Le Rassemblement national ne s’engagera ni en faveur de ce SMIC à 1.600 euros ni en faveur d’une remise en cause de la réforme des retraites », assure le député européen.

Candidat dans la 3e circonscription, Alexis Chaussalet évoque la lutte contre l’évasion fiscale, une plus juste taxation des plus grandes fortunes, un rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune ainsi qu’une péréquation sur les impôts des plus grandes entreprises pour financer ce SMIC à 1.600 euros. Et à ceux qui jugent ces mesures peu crédibles, Alexis Chaussalet appelle à ne pas « céder aux sirènes du catastrophisme ». « Vous avez Esther Duflo qui est prix Nobel d’économie qui a contribué à la réalisation du programme du Nouveau Front populaire, tout comme Thomas Piketty ou Michael Zemmour, autres économistes de renom, qui ont validé ce programme. Nous sommes le seul programme à avoir des propositions concrètes aux attentes de la population », argue-t-il.

 

Un programme « crédible et responsable« 

 

Karine Lebon, députée sortante de la 2e circonscription, a quant à elle plaidé pour un encadrement des loyers, une revalorisation des APL et une augmentation du nombre de logements sociaux. Elle a également insisté sur la simplification des procédures du droit au logement opposable et la réhabilitation des logements vacants.

Frédéric Maillot, député sortant de la 6e circonscription, a évoqué de son la précarité étudiante et la malnutrition qui en découle. Il a proposé une « Autonomie Jeunesse » pour garantir aux étudiants un revenu au-dessus du seuil de pauvreté.

Patrick Lebreton, premier vice-président de la Région et président du Progrès 974, a défendu la crédibilité financière du programme du Nouveau Front populaire face aux critiques de Bruno Le Maire. « C’est l’un des plus grands fossoyeurs de l’économie française. 3.100 milliards de dettes publics, c’est lui : Je lui renvoie donc l’accusation de manque de crédibilité financière », a-t-il lancé, soulignant que le programme du NFP offre aussi bien « une alternative crédible sur le plan économique que politique ».

Se positionnant comme « la seule alternative crédible face à l’extrême droite et à la politique actuelle », les candidats du Nouveau Front populaire espèrent obtenir le soutien des Réunionnais pour porter un gouvernement de gauche au pouvoir. « L’enjeu, c’est de barrer la route à l’extrême droite et de sanctionner Macron », a conclu Huguette Bello, « confiante quant au choix des Réunionnais ».

 

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