Le Piton de la Fournaise montre de nouveaux signes d’activité interne

L’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) a enregistré depuis Noël une hausse notable de la sismicité profonde sous le sommet du volcan. Si aucune éruption n’est imminente, cette reprise témoigne d’un nouvel apport de magma en profondeur.
Le Piton de la Fournaise se réveille doucement. Dans son dernier bulletin publié ce jeudi 26 décembre à 10 heures, l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF-IPGP) fait état d’une légère hausse de la sismicité volcano-tectonique enregistrée depuis le 25 décembre. Sur la journée de Noël, 38 séismes sommitaux superficiels ont été détectés, soit plus du double de la moyenne quotidienne observée les jours précédents. Ces secousses, situées entre 1,5 et 2,2 km de profondeur, se concentrent sous les bordures nord et sud du cratère Dolomieu.
Reprise de la sismicité profonde
Mais c’est surtout la reprise de la sismicité profonde qui retient l’attention des volcanologues. Le 25 décembre, 25 séismes localisés à environ 9 km de profondeur ont été enregistrés sous le secteur nord-ouest du sommet. Bien que de faible magnitude, cette activité témoigne selon l’OVPF d’« une réactivation pouvant traduire un nouvel apport de magma profond vers le système d’alimentation superficiel du volcan ».
Côté déformation, l’observatoire indique que le gonflement de l’édifice volcanique, observé ces dernières semaines, a cessé depuis le 14 décembre. Les chercheurs restent toutefois attentifs à une éventuelle reprise de ce phénomène dans les jours à venir, en lien avec la ré-alimentation profonde du système magmatique.
Les émissions de gaz au sommet demeurent, quant à elles, très faibles. Les concentrations en dioxyde de soufre (SO₂) et en sulfure d’hydrogène (H₂S) restent proches des seuils de détection, ne dépassant pas 0,3 ppmv. Ces émissions sont essentiellement liées à des pulses de vapeur d’eau issues du système hydrothermal.
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En conclusion, l’OVPF souligne que, bien que la mise en pression du réservoir magmatique se poursuive, elle reste « plus faible que celle observée fin novembre ». Ce processus de pressurisation peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant une éventuelle injection de magma vers la surface – ou s’interrompre sans éruption. Le Piton de la Fournaise, pour l’heure, reste donc sous surveillance renforcée, sans signe immédiat de réveil éruptif.


