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Le gouvernement ordonne une évaluation sanitaire des élevages laitiers réunionnais

Pourquoi La Réunion demeure le seul territoire de l’Union européenne sur lequel la leucose bovine enzootique (LBE) ne fait l’objet d’aucun contrôle obligatoire et systématique ? La question a été posée hier par Huguette Bello à l'Assemblée nationale.
Ecrit par Ludovic Grondin – le mercredi 22 octobre 2014 à 06H59

L'état sanitaire des exploitations laitières de La Réunion évoqué devant l'Assemblée nationale. Au cours de la séance des questions au gouvernement ce mardi soir à Paris, la députée, Huguette Bello, s'est étonnée de l'absence de programmes de lutte contre la leucose bovine dans notre département.

Très contagieuse entre bovins, la leucose serait à l'origine d'une inquiétante surmortalité enregistrée dans les cheptels laitiers de La Réunion selon une expertise récente menée dans l'affaire de l'exploitation de Joseph Payet.

Alors qu’il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire et que depuis 1990 les cheptels font l’objet, en France et dans l’Union européenne, de mesures de dépistages et de plans d’assainissement, La Réunion est restée à l’écart de toutes ces précautions, à l’exception d’un éphémère plan d’éradication en 2002. Résultat : "70 % du cheptel laitier est atteint, des éleveurs sont ruinés et ont dû abandonner leur activité, la production laitière a chuté", a exposé la députée de La Réunion. Cette absence durable de dépistage de la leucose bovine a été rendue possible par des dérogations successives, qui prévalent encore aujourd'hui. "Sans doute la crainte que trop de bêtes ne soient abattues explique-t-elle que la leucose bovine n’ait jamais été combattue à La Réunion", tente de comprendre Huguette Bello qui retient que "les éleveurs qui supportent seuls les conséquences de ces décisions sont disposés à relancer l’activité laitière pour peu que des mesures appropriées les accompagnent durant cette sortie de crise sanitaire".

En l'absence du ministre de l'Agriculture qui accompagnait hier le Président de la République, c'est la ministre des Outre-mer qui s'est chargée de détailler les premières pistes du gouvernement.

Le directeur général de l’alimentation se rend à La Réunion début novembre

Alors que George Pau-Langevin affiche sa connaissance des "problèmes rencontrés par les éleveurs à La Réunion et la situation sanitaire préoccupante des élevages", la ministre a néanmoins appuyé le fait que la surmortalité observée ne serait "pas uniquement imputable à cette maladie". La ministre s'appuie à son tour sur plusieurs études*. L'une des recommandations qu'il en ressort tient aussi dans "un meilleur encadrement technique des éleveurs dans le domaine des bonnes pratiques d’élevage", affirme la ministre.

Néanmoins, pour mieux délimiter les contours de cette situation sanitaire, le gouvernement confirme qu'il engagera "un plan d’action global avec un triple objectif : connaître précisément la situation épidémiologique, définir les conditions d’éradication de la maladie, préciser les mesures techniques et financières mobilisables au bénéfice des éleveurs dans un tel contexte", a promis la ministre.

George Pau-Langevin a d'ailleurs annoncé que le directeur général de l’Alimentation se rendra à La Réunion le 6 novembre et qu’à cette occasion il échangera avec les professionnels et les services de l’Etat.

*Expertises scientifiques menées successivement par le conseil général de l’agriculture (CGAAER), de l’alimentation et des espaces ruraux, l’agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, le centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (le CIRAD), l’institut de l’élevage ainsi que la direction de l’agriculture et de la forêt, la DAF.

 

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