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L'agence anti-corruption mauricienne enquête sur la vente de l'hôtel Ambre du groupe Apavou

Ecrit par N.P. – le jeudi 27 mars 2025 à 18H36
Armand Apavou, pdg du groupe éponyme

A Maurice, la Financial Crimes Commission (FCC), agence anti-corruption, soupçonne de graves manipulations dans le dossier de rachat de parts hôtelières d'une société appartenant au groupe Apavou par la Mauritius Investment Corporation (MIC).

Selon les informations issues de l’enquête menée par la Financial Crimes Commission (FCC) et relayées par la presse mauricienne, certains documents saisis dans les bureaux de la Mauritius Investment Corporation (MIC), société privée à responsabilité limitée entièrement détenue par la Banque de Maurice, seraient des faux. L’objectif ? Justifier un paiement excédentaire de près de 6 millions d’euros à l’homme d’affaires Armand Apavou, également bien connu à La Réunion.

Tout débute en décembre 2022, lorsque Armand Apavou propose à la MIC de racheter ses parts dans la société East Coast Hotel Investment Ltd, propriétaire de l’hôtel Ambre du groupe Apavou. Après examen, le comité d’investissement donne un avis favorable, sous réserve d’un prix maximum de 2,1 milliards de roupies mauriciennes, soit environ 44,6 millions d’euros, pour l’acquisition de 1.596 parts. La direction de la MIC entérine cette recommandation en février 2024, à condition que le plafond de paiement soit respecté, comme en atteste un procès-verbal de cette réunion.

Mais un mois plus tard, tout bascule, selon les journaux mauriciens. Les enquêteurs découvrent qu’un deuxième procès-verbal, différent du premier, a été utilisé pour autoriser un montant bien plus élevé. Ce nouveau document, que la FCC considère comme falsifié, fixe le montant de l’opération à 2,4 milliards de roupies, soit environ 51 millions d’euros. Soit près de 6 millions d’euros de plus que le montant validé.

Les incohérences relevées par la FCC sont nombreuses. Le premier procès-verbal évoquait une valeur estimée de 3 milliards de roupies pour l’hôtel, une référence disparue dans la version falsifiée. De même, la proposition initiale d’Apavou datant de décembre 2022 n’est plus mentionnée. Plus troublant encore, un membre influent du conseil d’administration aurait apposé sa signature sur ce second document alors qu’il n’aurait pas participé à la réunion en question. Les enquêteurs envisagent désormais l’hypothèse d’une usurpation de signature.

Désormais, l’enquête s’oriente vers une « manipulation interne » destinée à valider un paiement bien au-delà des conditions initialement prévues, selon la FCC. Reste à savoir qui a falsifié les documents, pourquoi, et avec quelles complicités éventuelles ?

Etiquettes : Groupe Apavou | Maurice

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