La Possession: Un accrochage entre une adjointe et son élève glisse sur le terrain politique

Un incident de classe déborde sur le terrain politique. Le 5 juin dernier, au collège Raymond Vergès de La Possession, une enseignante a maille à partir avec un élève de 5e.
Il se trouve que l'enseignante d'anglais, Michelle Milhau, a été récemment élue au conseil municipal en tant qu'adjointe à l'éducation. Il n'en fallait pas plus pour que l'incident intra-scolaire finisse par s'ébruiter.
Un témoignage anonyme signé d'un "parent outré", qui n'est pas le parent de l'enfant incriminé, décrit la scène "de ce qu'un camarade de classe a rapporté".
"A. (l'élève, ndlr) a montré sa feuille de devoir au professeur qui lui a mis une croix sur son carnet. Il a fait le bras d'honneur. Elle a répondu qu'elle aussi savait faire cela, l'enfant à mis la main sur la tête et a esquivé. Le professeur l'a frappé à l'épaule. L'enfant en colère s'est levé, a quitté la classe et est allé voir le proviseur", rapporte ce témoignage indirect.
De son côté, Michelle Milhau, l'enseignante, détaille sa version de cet accrochage avec son élève de la 5ème 5 du collège Raymond Vergès. "Je passais dans les rangs et arrivée à sa hauteur, j'ai vu qu'il n'avait pas son cahier d'anglais. Il a fait un bras d'honneur, je l'ai surpris et il a fini le geste en passant la main dans ses cheveux. Je l'ai heurté du revers de la main de façon involontaire. Je me suis excusée une première fois avec la soeur aînée de cet élève. Et une deuxième fois en présence cette fois de la mère", raconte l'enseignante.
La mère de l'enfant décidera malgré tout de porter plainte à la gendarmerie. Tous les protagonistes ont été entendus. Les gendarmes ont porté, à l'issue des auditions, l'affaire sur le bureau du procureur de la République pour éventuellement "suite à donner" comme le veut la formule.
"Nous demandons à la maire de La Possession de clarifier cette situation en se prononçant pour le renvoi de cette élue de la majorité municipale. Il est intolérable qu'une élue de la république puisse avoir ce type de comportement, d'une part indigne du statut d'enseignant, d'autre part impardonnable de la part d'une élue, de plus adjointe aux écoles", affirme le parent outré signataire d'un courrier anonyme.
"Je suis en service depuis 1977, et à deux ans de la retraite", signale l'enseignante qui dit n'avoir jamais eu ce type d'incident. "Est-ce que c'est le fait d'être élue qui veut cela...", finit-elle par s'interroger, en place depuis seulement deux mois et demi à la mairie. L'entourage du maire est plus affirmatif, déplorant que cet incident soit utilisé par des personnes opposées à l'équipe municipale.


