Jean-Hugues Ratenon: "La France a changé d'homme mais pas de politique"

Les deux enquête sur le budget des familles réunionnaises en 2011 et le prix des fournitures scolaires en 2014 publiées par l'INSEE (L'Institut national de la statistique et des études économiques) et L'Observatoire des prix, des marges et des revenus, "n'apprend rien" à Jean-Hugues Ratenon, porte parole de l'ARCP (Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté). Ce dernier le sait "l'écart se creuse encore entre les différentes classes de la société réunionnaise", et ces enquêtes permettent de "replacer les choses dans leur contexte et de faire comprendre les difficultés des familles de l'île".
La première révèle que "les ménages les plus aisés dépensent deux fois plus que les plus modestes. Ces derniers sont contraints à se limiter à certains produits ou à certaines gammes de produits" tandis que "les plus aisés diversifient leur consommation". Pour Jean-Hugues Ratenon, "c'est extrêmement grave" car ces différences ont un impact direct "sur la santé de la population".
D'après lui, "ce sont les plus modestes qui sont les plus malades". "Ces familles ont un budget plus petit et le pire c'est qu'en dépensant moins dans l'alimentaire, ils achètent des produits plus mauvais car la qualité n'est pas leur priorité" s'indigne-t-il. Jean-Hugues Ratenon, citant une mère de famille réunionnaise avec qui il s'est entretenu, explique que "l'essentiel c'est d'avoir le ventre plein, certains ne peuvent pas se permettre de regarder la qualité".
Ce que le porte parole de l'ARCP regrette c'est qu' "il y a des enquêtes", mais "aucune préconisations" et des politiques "absents des travaux". Pour lui, "il pourrait y en avoir 1.000 mais elles n'aboutiraient à rien", car il n'y a "aucune émotion dans la classe politique".
Des enseignes peu scrupuleuses
C'est aussi "une double peine" pour l'homme de Bras-Panon. "Ici avec moins d'argent les prix sont plus élevés, c'est préoccupant". Il dénonce un seuil de pauvreté fixé au niveau national et donc "peu représentatif de la réunion". Il souligne aussi que d'une enseigne à l'autre "les prix doublent" d'après les chiffres de l'enquête sur les fournitures scolaires qui "reflète les nombreux abus des enseignes locales".
Jean-Hugues Ratenon affirme que "l'enseigne la moins chère ne peut pas travailler à perte", donc "il est possible de baisser les prix à la Réunion, tout le monde peut le faire". Pas question pour lui de "pointer du doigt l'octroi de mer", car "c'est une question de volonté".
Il remarque tout de même la publication tardive de ces deux enquêtes notamment par rapport à la visite du président Hollande, qu'il aurait fallu "interpeller" sur le sujet et "mettre devant le fait accompli".
"La France a changé d'homme mais pas de politique"
Outre la crise financière qui l'alarme, la crise politique "plus que grave" démontre, pour lui, que "le président veut garder le cap et continuer dans l'échec". "C'est une évidence, l'austérité entraîne l'austérité et quelque soit le nouveau gouvernement, rien ne va changer. La situation continue à s'aggraver et le gouvernement doit représenter davantage la population" affirme Jean-Hugues Ratenon.
Selon lui, "c'est Nicolas Sarkozy qui, à travers sa politique, à entraîner la France dans cette situation" et même si elle "a changé d'homme, elle n'a pas changé de politique". Pour remédier au "désespoir du peuple" il n'y a qu'une seule solution, "un électrochoc au gouvernement" avec "la dissolution de l'assemblée pour lui redonner voix ".


