“J’ai appris de mes erreurs” : Patrick Dalleau candidat à Saint-Benoît

Patrick Dalleau se lance officiellement dans la course aux municipales de 2026. Positionné à droite mais à la tête d’une équipe “d’ouverture”, il affirme avoir “appris de ses erreurs” de 2020 et fait de la sécurité, de l’économie et de l’éducation populaire ses priorités.
“La campagne ne pourra pas se résumer à un combat de coqs entre M. Selly et M. Ratenon, Saint-Benoît mérite beaucoup mieux que ça”, lance l’élu de l’opposition.
En 2020, il s’était présenté sans étiquette mais soutenu par une partie de la droite locale. Au second tour, il avait tenté un rassemblement avec d’autres candidats de gauche (Philippe Le Constant, Jean-Luc Julie et Valérie Payet-Gangnant). Une stratégie qui n’avait pas été suivie dans les urnes (26,35 %). Il avait été devancé au second tour par Patrice Selly (43,05 %) et Sabrina Ramin (30,59 %).
“Je fais mon mea culpa”
Une tactique qu’il considère aujourd’hui comme “une erreur” : “En 2020, j’étais un nouveau venu en politique, j’avais une vision très claire de mon engagement avec un projet ambitieux. Au second tour, tout le monde me disait qu’il faut rassembler pour être élu, c’est ce que j’ai fait.”
Est-ce qu’il ferait le même choix aujourd’hui ? “Non, clairement. Je pars avec une équipe et un projet. Si nous ne sommes pas élus, on prendra acte qu’on n’a pas été suffisamment à l’écoute. Pour le moment, il n’y a pas d’alliances de prévues, on me l’a suffisamment reproché. Les gens me disent que j’ai fait une erreur, que j’aurais dû partir seul, je l’entends et je fais mon mea culpa, j’ai fait une erreur.”

Pas (encore) à Nouvel’R
Patrick Dalleau clarifie son positionnement : “Je suis de sensibilité de droite, quelqu’un qui croit aux valeurs humanistes, de résilience, de donner aux gens la capacité de s’épanouir, à l’égalité des chances, au goût du travail et de l’effort.”
Encarté aux Républicains depuis la dernière élection interne, il dit partager les valeurs portées par Bruno Retailleau “de respect, d’exemplarité, de sécurité et d’attachement au territoire”.
Il plaide “pour que les forces de droite s’unissent” et espère obtenir le soutien de Nouvel’R et de la droite d’une façon générale sur la commune.
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Une liste “d’ouverture”
Il annonce une “équipe d’ouverture”, avec des profils venus de divers horizons : “Des gens qui partagent les mêmes valeurs. Certains étaient plus proches de la gauche mais ne se retrouvent pas dans ce qu’elle propose aujourd’hui.”
Originaire de Saint-Benoît et issu d’un milieu modeste, il revendique être un “pur produit de l’école de la République”. Éducateur spécialisé de formation, il a dirigé jusqu’en 2023 la direction départementale de l’enfance et de la famille (1 500 agents).
Début août, il a quitté ce poste pour devenir chargé de mission à Saint-Benoît, au TAS Est, une décision notamment motivée par sa volonté “de pouvoir poursuivre mon engagement public. Les fonctions que j’occupais précédemment ne permettaient pas de me présenter, de par le code électoral”.
Sécurité et économie comme priorités
Sa campagne reposera sur trois axes : sécurité, économie et éducation populaire. “Beaucoup de familles ont peur de sortir le soir avec leurs enfants. Ce n’est pas normal dans une sous-préfecture comme Saint-Benoît. Il faut redonner confiance aux honnêtes gens.”
Il juge aussi que la commune doit mieux attirer les investisseurs pour “créer de l’activité et de l’emploi”, et souhaite renforcer l’éducation populaire afin que “nos enfants apprennent à vivre et construire ensemble”.

“Le compte n’y est pas”
Comment juge-t-il le bilan de Patrice Selly ? “Objectivement, quand on se promène dans la ville, on ne peut pas dire que rien n’a été fait mais ce n’est pas à la hauteur des besoins et des exigences de la population. Les quartiers sont souvent encore très sales, il y a un manque d’équipements publics, le compte n’y est pas.”
“Oui, il y a eu beaucoup de fêtes, mais quand certaines familles n’ont toujours pas l’eau courante, ce n’est pas une priorité.”
Sur le dossier Garance, il reproche à la mairie d’avoir préféré “faire le buzz avec une plainte, ce qui a conduit à une condamnation pour la commune”.
“On a vendu les bijoux de famille”
Il critique aussi la majorité sur le fait d’avoir “vendu les bijoux de famille. S’il a rétabli les comptes, ce n’est pas par une gestion vertueuse ou pour avoir permis à des entités économiques de s’installer sur le territoire”.
Sur Jean-Hugues Ratenon, il met en garde : “La présidente du groupe LFI a été très claire : là où ses candidats seront élus, la police municipale sera désarmée et les caméras enlevées. Est-ce que ça va dans le sens de ce dont Saint-Benoît a besoin ?”
“Tourner la page des affaires”
Patrick Dalleau veut replacer la population et les ressources locales au centre du projet : “Il faut mettre en avant les potentialités et les richesses naturelles de Saint-Benoît plutôt que de réduire la commune à ses faits divers et à ses affaires. Il faut tourner la page.”
Son équipe, qu’il promet “représentative du territoire”, doit être en partie présentée ce week-end lors d'une conférence de presse.
“Saint-Benoît est à un carrefour de son évolution. Soit on continue sur la même voie, soit on redonne confiance aux habitants avec un projet ambitieux et réaliste”, conclut-il.
La campagne s'accélère à Saint-Benoît.


