Cyrille Melchior lance "Nouvel’R" : la droite départementaliste se structure à La Réunion

Ce samedi 7 juin 2025, Cyrille Melchior, président du Conseil départemental, a officiellement lancé Nouvel’R, un mouvement politique inédit regroupant les élus départementalistes de La Réunion. C’est au centre de vacances du Tampon à l’Étang-Salé-les-Bains qu’environ 4.000 personnes se sont rassemblées pour assister à cet événement fondateur, marquant l’émergence d’une plateforme unitaire de la droite, du centre-droit et d’une frange du centre-gauche réunionnais.
Une trentaine d’élus pour poser “une nouvelle pierre du renouveau”
Autour de Cyrille Melchior, une trentaine d’élus ont affiché leur soutien à ce mouvement. Parmi eux, les maires David Lorion (Saint-Pierre), Bruno Domen (Saint-Leu), Patrice Thien-Ah-Koon (Le Tampon), Mathieu Hoarau (L’Étang-Salé), Éric Ferrère (Les Avirons), Richard Nirlo (Sainte-Marie), Sidoleine Papaya (Salazie), Serge Hoareau (Petite-Île), Daniel Pausé (Trois-Bassins) et Olivier Rivière (Saint-Philippe), ce dernier pressenti pour occuper la fonction de trésorier. D’autres figures ont également répondu présent, comme le sénateur Stéphane Fouassin ou l’ancienne sénatrice Nassimah Dindar, ainsi que de nombreux conseillers départementaux issus de la majorité de Melchior, à l’instar de Gilles Hubert, Jean-Marie Virapoullé, Sophie Arzal, ou encore Vivianne Ben Hamida, pressentie pour devenir secrétaire générale de Nouvel’R.
Lire aussi : Cyrille Melchior officialise son mouvement : "Nouvel'R construit la victoire à partir de l'union"
Un front commun contre les velléités autonomistes
L’objectif de Nouvel’R : fédérer les élus attachés au modèle départemental dans un contexte de montée des revendications autonomistes dans les Outre-mer. Dans un message transmis à l'assemblée, Jean-Paul Virapoullé a salué ce "renouveau réunionnais", estimant que la question n’était plus la départementalisation elle-même, mais sa forme : “Quelle départementalisation voulons-nous ?”.
Un ton plus offensif a été adopté par André Thien-Ah-Koon, qui a qualifié l’autonomie de "danger pour La Réunion". "Il faut vivre avec ce que l’on a, c’est une fierté", a-t-il affirmé, appelant à rejeter toute évolution institutionnelle risquée.
"Un outil pour construire l’avenir de La Réunion"
Prenant la parole, plusieurs maires ont appelé à l’unité et à la responsabilité de la nouvelle génération politique. Pour Mathieu Hoarau, maire de l’Étang-Salé, Nouvel’R est "un outil pour penser, organiser et construire l’avenir de La Réunion", au-delà des clivages partisans. Son collègue du Tampon, Patrice Thien-Ah-Koon, a insisté sur l’urgence à "changer la vie des Réunionnais" en se concentrant sur les priorités : logement, vie chère, développement.
David Lorion, maire de Saint-Pierre a salué les bienfaits de la départementalisation, qu’il juge indispensable à une Réunion "libre, sociale et tournée vers l’Europe". Pour Olivier Rivière, Nouvel’R constitue "une promesse de ne jamais laisser tomber notre île", face à des projets institutionnels qui, selon lui, fragiliseraient la cohésion nationale.
Cyrille Melchior : "Garder l'ancrage républicain"
Prenant la parole en clôture de la rencontre, Cyrille Melchior, président du Département et artisan de ce nouveau rassemblement, a dressé un discours à la fois ferme et rassembleur. Devant un auditoire conquis, il a dénoncé les velléités d’autonomie portées dans d’autres territoires ultramarins, évoquant un contexte institutionnel qu’il juge inquiétant. "On a l'impression que tout va bien, que tout est stable, et en deux temps, trois mouvements, il peut nous arriver une catastrophe", a-t-il mis en garde.
Faisant référence à l’Appel de Fort-de-France signé en 2022 par plusieurs présidents de régions d’Outre-mer, le président du Département a critiqué un processus opaque, réalisé selon lui "dans le dos des Réunionnais". "Petit à petit, on entend que les Antilles veulent aller vers plus d'autonomie. En Guyane et en Martinique, ils ont mis en place l'Assemblée unique, mais ça ne marche pas", a-t-il poursuivi.
Pour Cyrille Melchior, l’avenir institutionnel de l’île passe donc par la consolidation de son statut de département français. Il a insisté sur la nécessité de maintenir la compétitivité économique tout en renforçant la solidarité envers les plus fragiles. "Nous voulons que les acteurs économiques continuent à croire dans ce territoire, qu’ils aient confiance. Mais cette dynamique ne peut se faire qu’en gardant notre ancrage républicain."
Interrogé sur une éventuelle candidature aux municipales de 2026 à Saint-Paul, l’intéressé est resté prudent : "Pour l’instant, il est prématuré d’en parler". Il a cependant confirmé son implication locale : "J’anime le mouvement Nouvel’R à l’échelle départementale, mais aussi ce qui se passe à Saint-Paul. Mon objectif, c’est qu’on construise une union large — droite, centre-droit, centre-gauche — pour 2026".
Un mouvement amené à s’installer durablement
Avec Nouvel’R, Cyrille Melchior entend structurer une force politique capable de peser lors des prochaines échéances électorales locales et nationales. Un calendrier d’initiatives devrait prochainement être dévoilé pour ancrer le mouvement dans les territoires et auprès de la population. Le combat contre les tentations autonomistes semble désormais être l’un des marqueurs forts de ce “nouvel air” politique.


