Groupe Urcoopa : la Soficoop placée en redressement judiciaire

Après une année sous sauvegarde, la Soficoop, bras financier de l’Urcoopa, a été placée en redressement judiciaire à sa demande. Un plan de continuation est en cours d’élaboration, mais le contentieux autour de l’abattoir Evollys, dont le protocole a été annulé, reste dans toutes les têtes.
La Soficoop, société financière du groupe coopératif Urcoopa, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Saint-Denis, après une année sous le régime de la sauvegarde. Cette décision, sollicitée par l'entreprise elle-même, vise à lui offrir un délai supplémentaire pour élaborer un plan de continuation viable.
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Henri Lebon, président de l’Urcoopa, se veut rassurant : « L'Urcoopa a des finances solides. Le plan de sortie est déjà établi. Je tiens à rassurer les salariés et les éleveurs de l'Urcoopa. » Il précise que la demande de redressement judiciaire était nécessaire, faute de pouvoir présenter un plan de continuation dans les délais impartis par la procédure de sauvegarde, limitée à 12 mois.
Le plan de continuation, actuellement en cours d'élaboration, devrait être présenté début juillet. Il pourrait s'étendre sur une période allant jusqu'à dix ans. Selon les informations disponibles, la Soficoop a surtout eu l'assurance de pouvoir intégrer ses emprunts à court terme, notamment les prêts garantis par l'État et les découverts, estimés à environ 18 millions d'euros. La présence d'un avocat du Crédit agricole à l'audience n'est pas anodine.
Un plan qui ne tient pas compte du litige autour de l'abattoir
Cependant, le litige autour de l'abattoir Evollys de l'Étang-Salé continue de flotter en arrière-plan. Depuis la suspension du protocole d'accord de 2017 entre l'Urcoopa et le groupe Duchemann et Grondin, l'administrateur judiciaire a prononcé la résiliation du pacte d'associés, jugé nécessaire à la sauvegarde de la Soficoop. Ce pacte est considéré comme portant une "atteinte excessive aux intérêts de la filière."
Le directeur général de l'Urcoopa, Christian Dijoux, précise que le plan d'apurement des dettes ne "tient pas compte du litige en cours avec le groupe Duchemann et Grondin." Une audience devant la cour d'appel doit se tenir au sujet du protocole annulé. Elle devrait avoir lieu dans le courant du mois de mai.
En attendant, Henri Lebon assure que les activités de l'Urcoopa se poursuivent normalement et que "les salariés ainsi que les éleveurs peuvent être confiants quant à l'avenir du groupe."


