Gilbert Annette s'offusque des 20,4 millions d'euros de bénéfices de la SHLMR

Le conseil municipal de Saint-Denis a délibéré en faveur d’un soutien financier, via les fonds Barnier ou Letchimy, à trois personnes ayant vu leur maison détruite par le cyclone Garance. La présentation du bilan d‘activité de la SHLMR a été par ailleurs l’occasion pour Gilbert Annette de conspuer le bailleur social, accusé de faire d’importants bénéfices sur le dos des locataires.
Elle a vu la moitié de sa maison emportée par la crue de la ravine du Butor le 28 février dernier. Sans prévenir, la paisible rivière située en contrebas de la terrasse de la case, là où la famille avait coutume d’aller se baigner en été, s’est transformée en torrent charriant des roches destructrices.
Un rapport du BRGM a préconisé une évacuation définitive de l’habitation située rue Joseph-Ouvrier, dans le quartier de la Providence. Depuis, Léa B. a été contrainte de chercher à se reloger avec sa famille et a dû s’installer dans une autre commune.
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Ce lundi 24 novembre, le conseil municipal de Saint-Denis a délibéré en faveur du recours au fonds Barnier pour prendre en charge le relogement de la propriétaire du bien, dans le cadre de la location d’une nouvelle habitation pour un montant qui n’est pas mentionné. C’est l’Établissement public foncier de La Réunion (EPFR) qui a été mandaté pour racheter le terrain et le dépolluer, avant de le céder pour un euro symbolique à la commune de Saint-Denis.
Saint-Denis active le fonds Letchimy pour deux victimes de Garance
Mais le fonds Barnier, ce dispositif d’aide au relogement des victimes de catastrophes naturelles ou vivant sur des zones à risques, ne peut être activé que si les familles sont propriétaires de leur bien.
Ce qui n’est pas le cas de Gilles D. et Lorenzo D. , qui ne peuvent justifier d’acte de propriété pour leurs cases respectives situées dans le quartier de la Colline, largement sinistré par le cyclone Garance. Pour eux, le seul recours existant, c’est le fonds Letchimy, justement conçu pour ces situations courantes dans les Outre-mer d’habitats informels devenus pérennes au fil des générations.
Les deux occupants, qui justifient de plus de dix ans de présence dans leur logement, sont donc éligibles au fonds Letchimy, beaucoup moins bien doté que le fonds Barnier. Ils ont obtenu respectivement des aides financières de 22.024 euros et 11.171 euros.
« La SHLMR s'engraisse sur le dos des locataires »
Ces deux habitants de la Colline étaient volontaires pour partir, ce qui n’est pas le cas de la plupart des familles du quartier, lesquelles refusent de quitter le chemin de la Pépinière malgré des propositions de relogement de la mairie, et en dépit, surtout, du danger encouru à l’entame d’une nouvelle saison cyclonique. « Cela a été long, mais nous y sommes arrivés », s’est félicitée lors du conseil municipal Éricka Bareigts, la maire de Saint-Denis, au sujet de ces trois procédures obtenues avec le soutien de la préfecture.
La question du logement est revenue plus tard dans le débat, lors de la présentation du bilan d’activité de la SHLMR. L’ancien maire de Saint-Denis Gilbert Annette a pris la parole pour lancer une attaque virulente contre le bailleur social, en s’offusquant du « doublement des résultats » de la société.
« 20,4 millions d’euros de bénéfices sur un chiffre d’affaires de 192 millions d’euros, c’est énorme, on ne voit ça nulle part. Ce n'est pas de la capacité d'autofinancement, ils nous bouchent les yeux : ils s’engraissent sur le dos des locataires. Pour moi, c’est suspect de doubler ses bénéfices en un an », a tancé Gilbert Annette, approuvé par ses collègues de la majorité, certains comparant ironiquement la SHLMR à une agence immobilière.
22 lauréats se partagent 1,5 million d'euros pour le budget participatif
« Il faut qu’on mette la pression sur la SHLMR pour que sa gestion locative soit de plus grande qualité, beaucoup de gens se plaignent alors que la SHLMR réalise de super bénéfices et distribue des dividendes à ses actionnaires, je ne trouve pas cela très correct. Je pense que la SHLMR abuse de sa position dominante », a accusé l'ancien député.
Les élus ont par ailleurs validé le budget participatif de la ville et ses 22 projets retenus, choisis après une première sélection puis un vote ayant réuni plus de 30.000 participants. Le tout pour un budget global de 1,5 million d’euros, soit environ 9 euros par habitant du chef-lieu.
La subvention attribuée peut s’élever jusqu’à 80.000 euros, comme c’est le cas pour certains des projets récompensés, à l'image du restaurant solidaire des jardins familiaux du Chaudron, de la zone de pique-nique de Vauban ou des kiosques de Saint-François.
« Réhabiliter les trottoirs, ce n'est pas une compétence communale ? »
En précisant ne pas se prononcer sur la valeur des projets récompensés, l’élue de l’opposition Faouzia Aboubacar Ben Vitry a regretté qu’aucun bilan des projets retenus lors du précédent budget participatif ne soit présenté aux élus. « Je vois qu’il y a un projet pour la réhabilitation des trottoirs du centre-ville, c’est très bien, mais ce n’est pas une compétence communale ? », a-t-elle interrogé.
À noter que la ville postule au classement de station classée de tourisme. Au préalable, elle doit obtenir le label de commune touristique. Saint-Denis répondrait aux critères avec notamment ses 682 chambres classées ou non classées et ses 349 logements meublés classés et non classés, mais aussi des activités organisées pour les touristes ainsi que des festivals et événements culturels en nombre important.


