Fusion de l’ARAR/AURAR : « Les salariés vont servir de cadeau de mariage »

En grève depuis ce vendredi, les salariés de l’ARAR contestent l’absorption de leur association dans l’AURAR d’ici janvier. Pour eux, la casse sociale qui s’annonce n’est pas justifiée par la situation économique de leur structure.
Ils étaient une trentaine à occuper le parvis à l’entrée de l’ARAR (association réunionnaise d'assistance respiratoire et de soins à domicile) à La Possession, à l’appel d’une intersyndicale regroupant la CFTC, la CFDT et l’UNSA, les salariés de l’une des plus vieilles associations d’hospitalisation à domicile de l’île. Une pétition demandant la démission du président actuel de la structure a recueilli les signatures de plus de 80 % des salariés.
« La fusion, c’est la solution de la facilité. Oui, nous avons plusieurs millions d’euros de passif, mais un audit commandé par le CSE confirme qu’un retour à l’équilibre est possible. L’audit de la FNEHAD indique que nous devons passer de 110 patients par jour à 150. Aujourd’hui, nous sommes à 140 patients, et nous avons les ressources humaines pour atteindre cet objectif », s’agace Aurore Cordier, déléguée syndicale UNSA à l’ARAR.
Les salariés dans le flou
En plus de cette fusion annoncée en janvier, la confusion règne parmi les salariés. « Certaines infirmières ont des spécialités que n’a pas l’AURAR (association pour l'utilisation du rein artificiel à La Réunion), elles risquent donc de perdre une partie de leur salaire. Et même si la clause de 15 mois sur la conservation de certains avantages est mise en place, que va-t-il se passer après ce délai ? », explique Gérard Lor-Foui, délégué CFDT.
Cerise sur le gâteau, la masse salariale de l’association est jugée trop grande par l’AURAR, et une partie des salariés devra quitter le navire. « Aucun plan de licenciement n’est annoncé, mais des managers ont déjà reçu de l’AURAR des consignes pour inciter au départ. Une quarantaine de postes seraient en jeu, dont des médecins et des infirmiers de coordination. Comble de l’ironie, si c’est l’AURAR qui est à la manœuvre, ce sera bien l’ARAR qui devra payer les indemnités de rupture conventionnelle, malgré ses difficultés financières. D’ailleurs, on nous demande déjà de commencer à nous rendre sur les sites de l’AURAR pour travailler. La vente des bureaux serait là encore actée, sans aucune réponse officielle », poursuit Giovanny Savigny, délégué CFTC. « Les salariés vont servir de cadeau de mariage », ajoute le syndicaliste.
Enfin, cette fusion pourrait créer une super-structure en quasi-monopole sur l’île. Les grévistes espèrent peser sur l’Agence régionale de santé en soulignant ce risque. Une réunion est d’ailleurs prévue ce lundi après-midi dans les locaux de l’agence. « On souhaite que l’ARS et l’État s’opposent à cette fusion, et d’après les échanges que nous avons avec l’agence, elle ne souhaite pas voir le nombre de structures trop se réduire », affirment les représentants du personnel. L’avenir des 187 salariés de l’association pourrait donc beaucoup dépendre du résultat de cette rencontre. Malgré le mouvement illimité, la continuité des soins est assurée pour les patients.


