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Flavie Annette Preto dénonce une “préférence métropolitaine” à La Réunion

Ecrit par P.M. – le mardi 26 août 2025 à 08H48

Collaboratrice et suppléante du député Jean-Hugues Ratenon, Flavie Annette-Preto dénonce un “mur du retour” auquel seraient confrontés de nombreux jeunes diplômés réunionnais, du fait entre autres d’une “préférence métropolitaine, hexagonale” et de “passe-droits”. À "compétences égales", elle appelle à une “préférence régionale”.

Lors d’une conférence de presse organisée ce dimanche à la permanence du député Jean-Hugues Ratenon à Saint-Benoît, ce dernier et le député de la 7ᵉ circonscription, Perceval Gaillard, ont appelé la population à “bloquer le pays sans violence”, en écho à l’appel du 10 septembre.
En amont, la collaboratrice et suppléante du député de la 5ᵉ circonscription avait décrit le constat d’une “situation qui se dégrade”.

Lire aussi : « Bloquons tout » à La Réunion : Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard appellent au boycott des grandes surfaces le 10 septembre

Les diplômés face au “mur du retour

La jeune mère de famille a principalement évoqué le problème des jeunes diplômés réunionnais, “qui viennent d'avoir leur bac et se retrouvent face au mur de la sélection et n'ont pas accès aux filières qu'ils souhaitent”, mais aussi le “mur du retour pour beaucoup, qui sont partis alors que nous avons besoin de compétences ici et sont traités comme des étrangers quand ils rentrent ici”.

Elle donne l’exemple de “diplômés du CAPES, titularisés dans un trou bébête en métropole, ce qui plonge des familles dans la détresse. Beaucoup restent alors contractuels au détriment de leur carrière, une injustice qui revient chaque année”.

Une “préférence hexagonale” dénoncée

Pour expliquer les freins au retour, elle dénonce entre autres une “préférence métropolitaine évidente ici à La Réunion, qui favorise les professeurs venus d'ailleurs, sans expérience locale, mais qui ont un réseau, un passe-droit. C’est aussi le cas pour la santé, avec des Réunionnais laissés sur le carreau”.

Selon elle, “c’est une forme d’exclusion systématique. Pourquoi ne pas avoir de réelles filières adaptées, notamment dans les hôpitaux et les cliniques, pour offrir des formations spécifiques à nos jeunes qui veulent se former dans des domaines essentiels pour notre île ? Ces problématiques existent depuis longtemps : chaque année c’est la même galère, chaque année des jeunes rêvent de faire carrière et se retrouvent finalement dans un système qui les écrase plutôt que de les élever”.

Elle appelle à la mise en place de “politiques publiques qui soutiennent davantage nos jeunes, leur donnent plus les moyens de rester ici, de pouvoir s’épanouir. L’égalité des chances est une bataille qui nous concerne tous”.

“Des zoreils souffrent aussi de ce système

À l’issue de la conférence, celle qui est aussi élue de l’opposition à Bras-Panon s’est défendue de tout amalgame : “Il n’y a nullement de racisme dans mes propos. Des personnes issues de l’Hexagone font aussi ce constat. Les Réunionnais doivent pouvoir concourir à ces postes comme n’importe quel autre candidat”.

Et de conclure : “À compétences égales, dès que cela est possible, nous devons donner une préférence régionale, pour ceux qui veulent travailler ici, parce que nous avons des Réunionnais qui sont compétents. Il est inacceptable qu’ils ne puissent mettre leurs compétences au profit du département lorsqu'ils le souhaitent. Des ‘zoreils’, entre guillemets, souffrent aussi de ce système-là”.

Etiquettes : Discrimination

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