Emmanuel Macron en visite d'État à Madagascar pour signer des contrats avec Andry Rajoelina

Avant le sommet des chefs d’États de la COI de ce jeudi à Antananarivo, Emmanuel Macron rend une visite officielle aujourd'hui à son homologue Andry Rajoelina. Le président malgache a déjà évoqué la signature de plusieurs contrats, mais aussi des négociations sur la dette du pays.
Selon les indiscrétions de L'Express de Madagascar, c'est le premier ministre malgache Christian Ntsay qui devrait accueillir Emmanuel Macron et son épouse, ce mercredi 23 avril, à leur descente de l'avion présidentiel, sur le tarmac de l'aéroport d'Ivato fraîchement construit par la société française ADP.
Emmanuel Macron devrait ensuite être conduit au palais d’État d'Iavoloha pour un premier échange avec le président Andry Rajoelina dans le cadre d'une visite d’État qui précède la tenue du sommet de la Commission de l'océan Indien (COI) demain à Antananarivo.
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Si les services de l’Élysée ont communiqué sur les enjeux de souveraineté nationale dans l'océan Indien, le président malgache, lui, a surtout insisté sur l'opportunité d'échanges économiques avec la France. Et sur des négociations portant sur les modalités de l'effacement de la dette malgache, sans faire mention de quelles créances il s'agissait.
Agriculture, éducation, énergie et infrastructures
Cité par le site 2424.mg, Andry Rajoelina a assuré que «plusieurs protocoles d’accords dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation, de l’énergie et des infrastructures » devraient être signés. Un projet de partenariat avec une grande université française serait à l'étude, dans le cadre de la construction d'un établissement d'enseignement supérieur susceptible de retenir les milliers de jeunes malgaches qui partent, chaque année, poursuivre leurs études à l'étranger.
Jeudi, l'ordre du jour du sommet des chefs d’État de la COI prévoit notamment une table ronde sur les 40 ans d'existence de l'institution créée en 1984 (à l'époque sans la France), où seront passés en revue les grands projets portés dans les domaines de la santé, de la surveillance des pêches ou de la lutte contre le réchauffement climatique.
L'autre table ronde portera sur le « renforcement du système alimentaire et le développement du commerce dans l’Indianocéanie », des thématiques déjà abordées lors du récent CEO Summit d'Antananarivo.
Madagascar veut un espace agricole commun
« Cela part de la vision du président malgache qui voudrait qu'on développe la production agricole dans son pays. Il s'agit de prolonger le Programme régional de sécurité alimentaire et de nutrition, un ancien programme de la FAO qui n'est plus financé. Le président Rajoelina voudrait que les pays s'investissent, qu'il y ait un espace agricole commun et éventuellement une compagnie régionale pour transporter les denrées d'un pays à l'autre », décrypte Wilfrid Bertile, le conseiller régional en charge de la coopération dans la zone océan Indien.
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Avant de tempérer : « L'idée est bonne, la mise en œuvre est plus difficile « , ajoutant que La Réunion, elle, reste assujettie aux règles du marché européen. Wilfrid Bertile indique par ailleurs que La Réunion porte l'initiative de la création d'un institut de formation sur la surveillance maritime dans notre île.
« Comme on est situé sur une grande voie de commerce maritime, avec 11.000 bateaux qui passent au large de La Réunion chaque année, on travaille avec la France sur la sécurité maritime. Il y a l'idée que l'indo-pacifique est devenu le nouveau cœur du monde et que le conflit entre les Américains et les Chinois, c'est ça qui structure les positions géopolitiques. La France et l'Europe veulent apparaître comme une puissance d'équilibre, c'est pour ça que la France a passé des accords avec l'Inde et essaie de consolider sa position », conclut l'élu de la majorité régionale.
Au terme du conseil des ministres de la COI qui s'est tenu le 15 avril aux Seychelles, c'est l'archipel des Comores qui a pris la présidence tournante de l'institution pour une durée d'un an.


