Emeline K/Bidi obtient le report à 2030 de la fin des visas territorialisés à Mayotte

La députée réunionnaise Emeline K/Bidi réussit à faire repousser la fin des visas territorialisés à Mayotte à l'année 2030.
À l’occasion de l’examen en commission des lois du projet de loi de Refondation de Mayotte, la députée réunionnaise Emeline K/Bidi s’est fermement opposée à la suppression des visas territorialisés actuellement en vigueur dans le 101ème département français.
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Ces titres de séjour, spécifiques à Mayotte, limitent les déplacements de leurs titulaires vers d’autres régions françaises, notamment La Réunion et l’Hexagone. Plusieurs amendements portés par des députés des groupes LIOT, LFI, Écologistes et Les Républicains visaient à abroger cette mesure. Pour Emeline K/Bidi, cette suppression immédiate aurait eu un impact direct sur La Réunion : "Elle entraînerait l’arrivée importante et immédiate de populations étrangères à La Réunion".
La députée a notamment souligné l’absence d’étude d’impact de la part du gouvernement ainsi que le manque de moyens prévus pour accompagner le territoire réunionnais, potentiellement le plus concerné au vu de la proximité géographique avec Mayotte. "Aucune aide n’est prévue pour nous permettre d’affronter cette situation et d’adapter le niveau de nos services publics", avait-elle soutenu sa position lors de l'examen du projet de loi.
"Notre île, rappelons-le, n’a jamais manqué de solidarité envers Mayotte. Elle l’a encore prouvé très récemment, après le passage du cyclone Chido. Mais La Réunion, troisième département le plus pauvre de France, n’est certainement pas en capacité d’accueillir immédiatement ces populations sans aggraver encore ses propres difficultés. Paris ne doit pas, plutôt que d’affronter les problèmes de Mayotte, les déplacer simplement sur notre territoire. Ce serait créer une nouvelle crise structurelle et sociale dans un territoire déjà sinistré", a-t-elle plaidé, avec succès donc.
Son intervention a permis l’adoption d’un amendement qui prévoit de repousser à 2030 la suppression de ces visas territorialisés, au lieu de leur abrogation immédiate.
La députée de la 4ème circonscription de La Réunion conclut en réaffirmant tout de même sa vigilance : "Je m’y suis opposée, avec succès, et je continuerai."


