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Diego Garcia : le Groupe Réfugiés Chagos demande réparation au Royaume-Uni

Après l'accord de principe sur la reconnaissance de la souveraineté de Maurice sur l'archipel des Chagos, plus de 300 Chagossiens ont confié mandat à Olivier Bancoult pour négocier avec le Royaume-Uni les conditions de leur retour au pays.
Ecrit par Thierry Lauret – le mercredi 16 octobre 2024 à 06H30

Dix jours après le coup de tonnerre qu'a produit l'annonce d'un accord de principe entre l'Angleterre et Maurice concernant la rétrocession des Chagos, environ 320 originaires de l'archipel (dont 191 natifs) ont tenu dimanche une assemblée générale à l'initiative du Groupe Réfugiés Chagos (GRC).

Selon le président du collectif Olivier Bancoult, de passage ce 15 octobre à La Réunion, les Chagossiens ont donné unanimement mandat au GRC pour les représenter lors des négociations qui vont se poursuivre entre l'ancienne puissance coloniale et l'île Maurice, afin d'établir les termes de l'accord final.

« Jusqu'ici nous n'étions pas inclus dans les négociations, même si nous étions très bien informés par le gouvernement mauricien. Mais cette fois, nous demandons à y participer directement », a indiqué ce mardi Olivier Bancoult, reçu par ses camarades du Comité Chagos Réunion et du Mouvement réunionnais pour la paix. A l'occasion de sa première venue dans l'île en 1989, Olivier Bancoult relate avoir été refoulé à la frontière, avant d'être autorisé à revenir une semaine plus tard pour tenir une conférence avec son amis Paul Vergès.

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Ce mardi à Saint-Denis, Olivier Bancoult était entouré de Suzelle Baptiste, secrétaire du GRC et native de Diego Garcia, et de Liseby Elyse, dont « le témoignage décisif » devant la Cour internationale de justice de La Haye a grandement contribué à faire connaître l'histoire de la déportation, entre 1967 et 1973, d'environ 2.000 Chagossiens vers Maurice, les Seychelles ou l'Angleterre. Les habitants avaient été enlevés à leur terre natale pour permettre la construction d'une immense base militaire américaine sur l'île de Diego Garcia, avec la complicité de l'Angleterre qui avait arraché l'archipel à Maurice dans le cadre des négociations pour son indépendance.

« Nous ne sommes pas des terroristes »

L'accord de principe entre le Royaume-Uni et Maurice fait renaître l'espoir d'un retour au pays pour le peuple chagossien et ses descendants. Mais pas sur l'île principale de Diego Garcia, dont le bail de locations aux États-Unis doit être renouvelé pour 99 ans. Pour l'heure, il est juste question d'une possible réinstallation sur les îles Peros Banhos et Salomon. Un principe que le gouvernement américain semble du reste loin de considérer comme acquis.

« On soutient l'accord qui doit être ratifié par les parlements des deux pays. Il faut donner une réparation à tous les natifs, y compris à ceux qui ne sont plus de ce monde. Leurs héritiers ont droit à cette réparation », a martelé le leader du Groupe Réfugiés Chagos, en assurant qu'il n'avait pas renoncé à ses revendications sur Diego Garcia.

« On donne du travail à des étrangers sur Diego Garcia, mais on ne laisse pas les Chagossiens y travailler », s'est-il offusqué, avant de faire un parallèle avec une autre base militaire US implantée sur un territoire étranger. «  Guantánamo est la base la plus secrète des États-Unis, et pourtant on a des Cubains qui y travaillent. Nous ne sommes pas des terroristes, nous étions des gens qui vivaient en paix et en harmonie », a fait valoir Olivier Bancoult.

Un obstacle de taille pourrait cependant contrarier les projets des Chagossiens. L’Inde, qui a poussé au retour de la souveraineté mauricienne sur les Chagos, n'en demeure pas moins un partenaire et membre stratégique du QUAD, cette puissante alliance avec le Japon et l'Australie dans l’indo-pacifique, pilotée par les US dans le but, à peine dissimulé, de contrarier les ambitions hégémoniques de la Chine.

Comme le relève le blog Les arcanes de la géostratégie, L'Inde, qui désormais occupe au sud des Chagos, l’île mauricienne d’Agalega, dont elle a fait une base militaire en participant au déplacement de la population locale du village de la Flèche, a tout intérêt à consolider son mariage avec les États-Unis. Et ce afin de conjuguer ses forces avec celles basées à Diego Garcia.

Conférence d'Olivier Bancoult :

Le leader du Groupe Réfugiés Chagos donnera une conférence mercredi 16 octobre à 17h30 à l'amphithéâtre Genevaux du campus du Moufia, intitulée : « Chagos, le combat pour le retour »

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