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Développement durable: Diagnostic géant du Maïdo jusqu’à la mer

Pas de nouveau syndicat mixte ou de nouvelle strate de collectivité en vue, mais le TCO se dote d’un groupement en GIML « expérimentale« . La « gestion intégrée de la mer et du littoral » est une démarche issue du Grenelle de la mer et sa première expérimentation à La Réunion s’opèrera en amont depuis la Ravine Saint-Gilles […]

Ecrit par LG – le vendredi 26 septembre 2014 à 06H44

Pas de nouveau syndicat mixte ou de nouvelle strate de collectivité en vue, mais le TCO se dote d’un groupement en GIML « expérimentale« . La « gestion intégrée de la mer et du littoral » est une démarche issue du Grenelle de la mer et sa première expérimentation à La Réunion s’opèrera en amont depuis la Ravine Saint-Gilles jusqu’au large du port de Saint-Gilles en aval.

Volontariste pour s’en saisir, l’ancienne mandature du TCO a choisi, en novembre 2013, de tester sur une fraction de son territoire cette « méthode de gouvernance » composée d’un consortium d’experts. Objectif : réaliser un diagnostic pluri-disciplinaire dans une perspective de développement durable de ce territoire et du bien-être des populations.

Question pilotage justement, l’éventail est large: la préfecture via son Secrétaire général aux affaires régionales, Thierry Devimeux, la DEAL, l’association Littocéan, et un groupement a été constitué avec l’Université de la Réunion, des laboratoires tels que le Cirad, Ifremer et le bureau d’études Usages et Territoires. Financièrement, l’Europe, l’Etat et la Région injecteront 600.000 euros dans les deux ans qui viennent, soit la durée de la lettre de mission de cet attelage d’un genre nouveau.

« Un véritable challenge scientifique« , qualifie Jean-Lambert Join, hydrogéologue et coordinateur scientifique du groupement qui, au regard des disciplines réunies, s’apparente à « une première à la Réunion« .

La GIML a pour ambitions de brosser, de façon quasi exhaustive, les champs disciplinaires impliqués dans la compréhension des mécanismes environnementaux depuis l’amont (les sommets de l’île) jusqu’à l’océan. Ce que Thierry Devimeux et Jean-Lambert Join définiront à de multiples reprises sous le terme de « continuum terre-mer ».

Le territoire de la Réunion se prête à cette analyse. « L’île montagne », comme le rappelle le SGAR, est confrontée à des problématiques environnementales littorales dont la lecture devrait débuter bien en amont, c’est-à-dire depuis la montagne. Le territoire retenu pour l’expérimentation de la GIML sur le territoire de la Côte Ouest n’a donc pas été choisi au hasard.

 

Du Maïdo au Cap La Houssaye au Nord ; du Maïdo à la ravine de Trois-Bassins au Sud ; du Maïdo au large de l’Ermitage, et enfin à l’Ouest avec sa façade océanique d’une surface de 12 milles nautiques, ce périmètre (voir carte ci-contre) représente « un condensé des enjeux présents sur la micro-région Ouest ».

Un outil d’aide à la décision publique

« Synthétiser » la bibliographie existante pour jeter des ponts entre des disciplines qui, bien que travaillant sur le même corpus, ont tendance à se tourner le dos, voilà l’objectif affiché par Jean-Lambert Join. L’hydrogéologue sera épaulé par un collège scientifique allant d’urbanistes, de sociologues, de géographes, de géologues, de biologistes ou encore de courantologues. L’interdisciplinarité sera le maître-mot.

Un exemple tout trouvé est venu matérialiser le type de « clé de compréhension » que recherche le GIML. Il s’agit du titanesque chantier de basculement des eaux d’Est en Ouest. Le changement s’opère sous nos yeux. « Le basculement permet de passer d’un territoire à la végétation semi-sèche à des champs de canne. Quel impact sur le micro-climat ce type de chantier engendre-t-il ? » illustre Thierry Devimeux. Si le basculement fait désormais partie du décor, il donne l’exemple parfait de ce que le GIML pourrait apporter en terme « d’outil d’aide à la décision publique » avant tout chantier ou planification de type Schéma d’aménagement régional (SAR), schéma de cohérence territoriale (SCOT) et Plan local d’urbanisme (PLU).

La GIML doit ainsi aboutir à « un plan d’actions visibles » et des « financements effectifs à court terme », ambitionnent les partenaires (Préfecture, interco, mairie, scientifiques).  

Ces derniers ont donc deux ans pour prouver que ce nouvel outil d’aide à la décision publique n’est ni une usine à gaz, ni un plan de prévention des risques naturels bis. Les scientifiques présents, qui ont pour certains planché sur l’ancêtre du GIML, le GIZC (gestion intégrée des zones côtières), espèrent cette fois que cette expérimentation ne finisse pas dans les tiroirs de l’administration.

 

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