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Corsair : l'État de nouveau à la rescousse face au risque de trou d'air financier

En proie à des difficultés financières récurrentes, Corsair pourrait bénéficier d'un nouveau soutien de l'Etat, selon des indiscrétions relevées par Le Canard Enchaîné. Deux amendements ont été déposés dans le cadre du projet de loi de finances 2025, sous forme d'effacement de dette et de crédit d'impôt pour acheter un nouvel avion.
Ecrit par J.D – le mercredi 6 novembre 2024 à 18H43

Selon Le Canard Enchaîné, l’État français s'apprête à remettre la main à la poche pour sauver Corsair, la compagnie aérienne détenue par un groupement d’investisseurs ultramarins. Dans un contexte de tension accrue aux Antilles, où la question du coût de la vie a suscité manifestations et autres débordements ces derniers mois, ces nouvelles aides n’ont pas manqué de susciter des réactions.

Selon le palmipède, deux amendements sont inscrits dans le budget 2025. L'un, porté par le gouvernement, prévoit d'effacer une partie de la dette de Corsair. « Un premier amendement déposé par Bercy, et qui sera discuté cette semaine dans le volet « recettes » du budget, prévoit que l'Etat s'assoie sur 103 millions de dettes de Corsair », peut-on lire dans Le Canard Enchaîné. « Un cadeau » de Bercy, estiment certains concurrents, alors que la compagnie avait enregistré en 2020 près de 200 millions d'euros de pertes cumulées sur trois exercice. La pilule a dû mal à passer.

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L'autre amendement prévoit d’allouer un crédit fiscal pour l’achat d’un avion plus économe en kérosène. Sauf que ce « crédit d'impôt » n'est techniquement pas possible pour une entreprise en difficulté. D'où l'amendement, encore en débat, déposé par le groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) et appuyé par le gouvernement selon Le Canard, qui prévoit un « crédit d’impôt pour investissements productifs en outre-mer pour l’acquisition d’un nouvel aéronef, à hauteur de 38,1 millions d’euros », peut-on lire. Un amendement justifié par « l’importance du maintien de l’emploi et de la desserte des territoires ultra-marins » Pour les députés, « le présent amendement propose de permettre à la société Corsair de bénéficier, à titre dérogatoire, du crédit d’impôt pour investissements productifs en outre-mer dans le cadre du plan de restructuration modifié. » 

La direction de la compagnie Corsair s'explique sur ces points : "Ce montant est composé de 103 millions d’euros de demande d’effacement de dettes (dont 80 millions d’annulation de dette publique demandée fin 2023 et 23 millions de dette fiscale et sociale), accordé sous certaines conditions strictes, et de 38 millions d’euros de crédit d’impôt pour les investissements dans les Outre-mer (CIOM). Corsair n'est pas la seule compagnie à bénéficier de ce dispositif, qui est destiné à toutes les compagnies aériennes opérant vers les Outre-mer, sans critère suspensif. Cependant, Corsair avait l'obligation de l'inscrire et de solliciter l'autorisation de la Commission Européenne pour obtenir cette aide. Ces mesures ne constituent donc pas une aide sans contrepartie, mais bien des « remedies » qui seront demandés par Bruxelles."

"Avant la crise du Covid, la compagnie aérienne n’avait aucune dette. Elle a ensuite mené une profonde restructuration, tandis que d’autres compagnies ont pu bénéficier de prêts garantis par l’État (PGE). Corsair n’a reçu aucun soutien financier supplémentaire, en dehors des aides accessibles à l’ensemble du secteur pendant la crise sanitaire. Corsair a eu un résultat de -112M€ en 2021-2022, -37M€ en 2023 et a toujours déclaré vouloir viser l’équilibre en 2024", poursuit la compagnie.

Corsair avait frôlé la catastrophe financière en raison de la crise sanitaire. L’État avait alors accordé 140 millions d’euros dans le cadre d’un plan de restructuration de 300 millions. Mais ce nouveau soutien financier suscite des questions, après le retrait de la République du Congo en juin dernier. Son remplacement par Abbas Jaber, entrepreneur franco-libano-sénégalais peu familier du secteur aérien, n'a fait qu'ajouter des interrogations. "Corsair a bien finalisé son tour de table de 30 millions d’euros, incluant 15 millions investis par Abbas Jaber et 15 millions supplémentaires provenant de nouveaux investisseurs et d’anciens actionnaires. Ce soutien renouvelé témoigne de la confiance des actionnaires dans la trajectoire de croissance et de développement de Corsair."

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Ces nouveaux amendements seront soumis à autorisation de la Commission européenne, peut-on lire. En février dernier, la Commission européenne avait ouvert une enquête approfondie sur le plan de restructuration de la compagnie Corsair. Le plan de restructuration de Corsair prévoyait que l'État renonce à exiger le remboursement de prêt et de report de charges sociales obtenus durant la crise Covid à hauteur de 136,9 millions d'euros.

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Etiquettes : Budget | Corsair

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