Concession d'exploitation de la rivière des Remparts : la DEAL doit revoir sa copie

Le tribunal administratif de La Réunion a annulé le renouvellement de la concession d'exploitation de la rivière des Remparts attribué à la SCPR. Un recours a été déposé par le candidat évincé, Préfabloc Agrégats.
Le gisement de la rivière des Remparts provient d'un volume estimé entre 30 et 50 millions de m3 dû à l’effondrement du rempart du bras de Mahavel de 1965 et de 2001.
Ces blocs de coulées de lave et de scories, qu'il s'agit encore d'évacuer, constituent “un facteur aggravant du risque inondation dans le secteur aval de la traversée de Saint-Joseph”, indique la DEAL dans son avis de mise en concurrence pour l'octroi d'une nouvelle concession pour la période 2025 à 2030.
La commune est en effet marquée par différents plans de prévention pour le risque inondation. Les crues de la rivière des Remparts, peuvent être très rapides, d'un débit important et charrier d'importants blocs rocheux et de nombreux éléments solides. Extraire ces matériaux apparait donc nécessaire pour faciliter l’écoulement des eaux et réduire le risque d’inondation dans Saint-Joseph.
Une continuité de travaux
Le nouveau contrat prévoyait un " tonnage maximum annuel fixé à 350 000 tonnes, avec des réajustements possibles en fonction des aléas météorologiques ou géologiques". Ces nouveaux travaux, qui riment avec le ballet de poids lourds dans le lit de la rivière, sont prévus pour une durée de 5 ans et devaient débuter en mai prochain.
Après procédure, la nouvelle concession a été renouvelée à la SCPR. Le candidat sortant possédait notamment le foncier pour l'installation d'une balance, mais aucune phase de négociation, pointe le candidat évincé Préfablocs qui a déposé une requête auprès du tribunal administratif. La procédure menée par la DEAL attribuant une nouvelle concession de travaux pour l'exploitation de la rivière des Remparts est annulée et une nouvelle consultation relancée, “dans des délais qui permettront d'assurer une continuité entre le nouveau contrat de concession et le précédent”, précise la DEAL.
En attendant, avec l'arrivée des pluies, l'extraction des roches se poursuit, rassure l'autorité environnementale. “Plusieurs études ont été consacrées à ces phénomènes [de glissements de terrain], justifiées initialement par le risque que représentait la rupture du barrage formé dans le lit et les impacts de ces effondrements sur la remontée du lit de la rivière, notamment dans son secteur aval lors de la traversée de Saint-Joseph. Elles montrent la nécessité de maintenir un profil équilibré tout au long du cours d'eau et d'adapter l'extraction des matériaux”.


