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Chroniques judiciaires : Vol, violences et jet de saladier

Vol et violences conjugales, tel était le menu de l'audience de comparution immédiate de ce mercredi 20 mars. L'affaire de violence a nécessité l'intervention d'un interprète en langue anglaise afin que la défense du prévenu originaire du Sri Lanka puisse être assurée.

Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 23 mars 2024 à 08H44

Vol de matériel à la mairie annexe du Guillaume 

Erwan H., 21 ans, se présente devant le tribunal avec une particularité qui ne passe pas inaperçue. En effet, il arbore sur sa joue droite un tatouage quelque peu original, mais néanmoins explicite : une main avec un magistral doigt d’honneur. Outre ce détail, aussi futile soit-il, il devait répondre du vol de matériel dans le local technique de la mairie annexe du Guillaume datant du 26 avril 2022. Il sera finalement confondu par son ADN suite à une longue attente du retour des prélèvements en métropole. Entre-temps, il a trouvé le moyen de se faire incarcérer pour des faits de vol depuis juillet 2022. Outre cette audience, il aura à répondre à deux autres convocations, encore pour des vols.

Si le jeune homme fait amende honorable à la barre, il n’en demeure pas moins que ce 26 avril, il a volé pour plus de 10.000 euros de matériel, qu’il a rapidement revendu sur un rond de carte. « J’étais en galère de tunes« , explique-t-il au tribunal. Il est à noter que la mairie de Saint-Paul n’a pas jugé utile de se constituer partie civile. La procureure de la République considère pour sa part qu’il ne s’agit pas d’un « vol d’opportunité, il était bien équipé« , ajoutant qu’il « avait tout préparé pour cambrioler le service environnement avec un gros préjudice et ensuite revendre le matériel à un rond de carte« , conclut la magistrate qui requiert 10 mois de prison avec un mandat de dépôt.

« Il y a un retard du laboratoire, les résultats arrivent en avril 2023 et là, on le place en garde à vue pour une comparution immédiate ! Où est l’urgence de ce dossier alors qu’il est déjà en détention ? Je vous demande une peine avec un quantum moins élevé », plaide la robe noire. Erwan H. est finalement condamné à 8 mois de prison et un mandat de dépôt à l’audience.

Violences et jet de saladier 

Thamel W., âgé de 42 ans, comparaissait pour des actes de violence envers sa conjointe. Natif du Sri Lanka, il était assisté par un interprète lui retranscrivant les débats en anglais. En l’espace de quelques mois, trois interventions policières ont eu lieu. Les premiers incidents se sont déroulés le 2 décembre 2023 à Saint-Denis, où la victime a été retrouvée avec le visage tuméfié, affirmant avoir subi des coups. Le prévenu devait comparaître en septembre prochain pour ces faits. Le 11 février 2024, la victime a de nouveau signalé des coups et des menaces de mort avec un couteau. Enfin, le 16 mars 2024, la police est intervenue pour un jet de saladier signalé par un colocataire du couple. Il apparaît qu’ils vivent chez la victime, dans un appartement et avec d’autres colocataires.

À la barre, Thamel W. nie catégoriquement les accusations, arguant que sa conjointe est hystérique et se blesse elle-même à cause de son passé traumatique, de sa consommation d’alcool et de médicaments. Invitée à s’exprimer, la victime, toute tremblante, à la limite de faire un malaise, confirme au tribunal les actes de violence à son égard, même si elle confirme un passif compliqué. « Pourquoi vous ne voulez pas déposer plainte« , interroge la présidente. « Parce que je l’aime« , répond la victime.

« Il était temps de le traduire en justice, vu le nombre de procédures« , fustige le parquet. « Il ne reconnait jamais les faits, c’est elle qui se fait ça, et les autres mentent, sauf lui. « C’est « totally normal » », tance la procureure. Malgré l’absence d’antécédents judiciaires, le ministère public demande une peine d’un an de prison ferme avec maintien en détention, soulignant que Thamel W. est demandeur d’asile arrivé en France en janvier 2023, ce qui, selon la magistrate, aggrave la situation.

La défense conteste cette demande, arguant que le statut de demandeur d’asile ne devrait pas entraîner une peine plus sévère. « Dans ce dossier, on essaye de trouver quelque chose pour qu’il n’obtienne pas son statut de demandeur d’asile. Je trouve ça particulièrement désagréable », répond vertement la défense. « Il n’y a pas grand-chose pour les faits de 2023. Si vous deviez entrer en voie de condamnation, il est accessible à un sursis« , plaide la robe noire.

À la fin de l’audience, Thamel W. est relaxé des accusations de novembre et février, mais est reconnu coupable pour les autres faits. Il est condamné à la peine de six mois de prison avec sursis. Il lui est fait interdiction de contact et de paraitre au domicile de la victime.

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