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CDC Habitat : Les investissements passent de 200 à 300 millions d'euros

Alors que le secteur du BTP traverse une passe difficile, la CDC Habitat et ses filiales (les bailleurs sociaux SIDR, Sodiac, Semac et Semader) annoncent une hausse des livraisons et mises en chantier entre 2023 et 2024 de 20 %.
Ecrit par Julien Delarue – le mercredi 11 septembre 2024 à 08H25

Deux fois par an, la présidente du directoire de la CDC Habitat, Anne-Sophie Grave, fait le tour des Outre-mer, où le groupe a plusieurs filiales à La Réunion : SIDR, Sodiac, Semac et Semader. Une visite bilan dans un contexte économique difficile, notamment dans le secteur du BTP. Tout le monde a encore en mémoire les manifestations récentes et les différentes tables rondes qui se sont déroulées il y a quelques mois.

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La présidente de la CDC Habitat en a profité pour faire un rapide point chiffré sur la production de logements à La Réunion. « Une bonne année en 2023 avec 1.000 logements mis en chantier, soit une progression de 20 % », explique-t-elle. Il faut dire aussi que l'année 2022 avait été particulièrement mauvaise. « Nous étions encore dans une dérégulation liée au Covid, couplée à une hausse importante des prix des matériaux », ajoute Philippe Pourcel, directeur général adjoint du groupe en charge des sociétés immobilières d'Outre-mer (Sidom). Et pour 2024 ? « Nous prévoyons 1.200 mises en chantier », indique Anne-Sophie Grave. Là aussi, la hausse atteint 20 %.

De 200 à 300 millions d'euros d'investissement

Quid des livraisons ? Il y en a eu 850 en 2023. Pour 2024, la CDC table sur 1.200 logements. Des chiffres en progression qui se traduisent aussi dans les investissements réalisés par la CDC, qui grimpent entre 2023 et 2024. Ils passent de 200 millions d'euros (130 millions pour la construction et 70 millions pour la réhabilitation) à 300 millions d'euros (230 millions pour le neuf et la même enveloppe pour la réhabilitation) dès cette année. Une projection assumée qui dépendra tout de même des « agréments » délivrés par l'État sur les opérations.

« Nous ne sommes pas mécontents de la trajectoire, avec une hausse de 20 % de nos engagements. Nous avions annoncé 1 400 logements, nous restons sur cette cible-là, mais je rappelle que nous sommes plusieurs dans le processus de construction : collectivités, disponibilité du foncier, entreprises, État », rappelle Anne-Sophie Grave. La présidente souligne qu'il y a eu beaucoup de difficultés dans les appels d'offres, des retards sur les financements des opérations – hausse des taux, matières premières, coût de financement lié au livret A... – auxquels il faut ajouter la difficulté de trouver des entreprises pour les chantiers. « Vous y ajoutez un contexte économique compliqué et des coûts d'opérations en hausse. »

Peu d'opérations privées en raison des coûts

Ces hausses ont aussi eu des répercussions sur les programmes portés par les promoteurs privés. « Nous avons eu peu d'engagement de leur part en 2023. Il y avait des problèmes de coûts de sortie sur les opérations. Et il n’est pas possible pour nous d'augmenter les loyers afin de compenser ces hausses », indique Philippe Pourcel. On le rappelle, en moyenne, un logement coûte entre 12.000 et 15.000 euros. Les Sidom du groupe CDC Habitat peuvent se targuer de fournir en prévisionnel 1.400 logements sur les 2.800 attendus par les collectivités dans le cadre des PLU.

Dans le même temps, la CDC Habitat et ses bailleurs sociaux ont décidé de miser un peu plus sur la « proximité » afin de renforcer la qualité des services auprès de ses locataires, comme le déploiement d'une centaine de gardiens d'immeuble.

Proximité

Les Sidom ont aussi commencé à travailler sur un projet de territoire commun. Plusieurs questions se posent : un diagnostic de territoire, les besoins en énergies renouvelables, de nouvelles orientations... À la Sodiac et la Semader, on mise sur les résidences seniors et autonomie à Saint-Denis ou encore Petite-Île. « Ce n'est pas notre cœur de métier, mais nous répondons à une demande de diversification de l'offre », explique Anne Séry, directrice de la Semader et de la Sodiac.

À la SIDR, l'approche est différente. Plus gros bailleur social de l'île, un travail a été mené pour identifier et faire souscrire une assurance aux locataires de son parc social. Le constat était édifiant. 50 % d'entre eux n'avaient pas d'assurance habitation en 2022. « Avec la loi Alur, nous avons travaillé pour trouver un assureur. Nous avons pu ramener ce chiffre à 36 % en mars dernier en proposant une assurance à 5,5 euros par mois à nos locataires non assurés », précise Laurent Pinsel, directeur général.

Des approches différentes pour plus de proximité qui n'effacent pas le cœur de métier de la CDC Habitat, à savoir la construction. Le groupe a déjà identifié et lancé des études pour la construction de 4.000 logements sur tout le territoire.

Etiquettes : Economie | La Réunion | Logement | sidr

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