Canne à sucre : Pas assez d’écume, la colère gronde

Le syndicat des Jeunes Agriculteurs 974 monte au créneau ce vendredi. Les membres du canton “Grand Sud” de l’organisation se sont rassemblés devant l’usine du Gol pour faire part de leurs inquiétudes.
Les agriculteurs ont formulé des demandes auprès de l’industriel Tereos mais s’insurgent de n’avoir obtenu aucune réponse un mois plus tard. Le syndicat menace de mettre en place des actions si une commission mixte d’usine n’est pas organisée prochainement.
Pas assez d’écume pour les canniers
Bryan Alaguirissamy, président du canton “Grand Sud” des Jeunes Agriculteurs 974 explique pourquoi les planteurs de canne sont en colère.
L’écume est un résidu obtenu après le traitement des cannes en usine. Celle-ci est utilisée au moment de la replantation. Riche en phosphore, elle permet aux agriculteurs de réduire les achats d’intrants dont les prix ont explosé à cause de la Guerre en Ukraine.
Les agriculteurs ont droit à jusqu’à 60 tonnes d’écume gratuite par hectare. Les JA 974 déplorent de devoir payer à partir de la 61e tonne. Ils déplorent aussi un transporteur au prix imposé.
“On a rencontré Tereos il y a un mois. On voudrait que les écumes ne soient plus payantes. On voudrait que l’écume soit donnée aux planteurs”, lance Bryan Alaguirissamy.
Il ajoute : “On voudrait que le transport des écumes qui est géré par Tereos soit mis en appel d’offre. Aujourd’hui, Tereos nous impose un transporteur. C’est une concurrence déloyale ! Le prix est imposé ! Je n’ai pas le droit de mandater mon transporteur pour récupérer les écumes !”
L’agriculteur explique par ailleurs que plus d’écume pourrait permettre un gain financier mais aussi une baisse de l’utilisation d’engrais. “On sait tous que l’écume apporte du phosphore et cela pourrait nous amener à mettre un engrais adapté, moins cher pour pallier à la hausse des intrants”, précise-t-il.
Le syndicat demande aussi plus d’informations sur les 30 à 40.000 tonnes d’écume réservées aux maraîchers. “On se demande combien ils payent Tereos pour ça”, s’interroge Byran Alaguirissamy.
Richesse et pas d’aide
“Il y a un problème de richesse, notamment dans le Sud Sauvage”, s’inquiète le syndicaliste.
Il salue la dernière convention canne signée mais rappelle une injustice pour les planteurs qui récoltent la canne traditionnellement : “Il y a un dispositif de rattrapage pour les cannes-machine mais il n’y a pas de dispositif pour les cannes coupées à la main. L’agriculteur doit rembourser à l’usine deux euros ! On voudrait que les acteurs de la filière se penchent là-dessus. Cette année, le tonnage est plutôt bon mais la richesse est très basse !"
Les Jeunes Agriculteurs 974 réclament une commission mixte d’usine dans les prochains jours. Ils annoncent des actions si les sujets évoqués ne sont pas discutés prochainement avec l’ensemble des acteurs.


