Avocat et mandataire poursuivis en citation directe : le groupe Apavou n'a pas versé la consignation exigée par le tribunal

Le groupe Apavou, par le biais de sa société BLI (Batipro Logements Intermédiaires), avait lancé une citation directe à l’encontre de Me Hirou, mandataire judiciaire, et de Me Cheung-Ah-Seung, avocat, pour des faits présumés d’abus de confiance et de complicité. Mais, coup de théâtre : BLI n’a finalement pas versé la consignation de 15.000 euros demandée par le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Tout ça pour ça ?
Coup médiatique ou changement de stratégie judiciaire ? La décision de ne pas déposer la somme de 15.000 euros, pourtant obligatoire dans ce type de procédure, laisse perplexe. Dans ce « dossier » qui oppose la société BLI à Me Hirou, mandataire judiciaire, et Me Cheung-Ah-Seung, avocat, que leur reproche-t-on ? Ils sont soupçonnés d’avoir commis des abus de confiance dans le cadre de la liquidation judiciaire de BLI. Il leur est reproché le paiement de prestations jugées fictives ou largement surfacturées, à hauteur de plus de 600.000 euros, au profit d’une société tierce, O’Sheng Consulting, basée à Hong Kong. Cette dernière était chargée de la mise en place d’un système de gestion du parc locatif. Des faits totalement rejetés par les principaux intéressés.
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A écouter la société BLI lors de la précédente audience, tout les éléments étaient circonstanciés et ne nécessitaient pas de déposer une plainte. La voie de la citation directe avait été choisie. Sauf que rien ne s'est fait. D’après nos informations, la date butoir pour le versement de la consignation était fixée au 21 mars. Elle est désormais dépassée. Et aucune somme n'a été versée. Ni Richard Apavou, président de BLI, contacté par téléphone, ni son avocate Me Toby, contactée par mail, n’ont donné suite à nos sollicitations. "Le nouveau dirigeant, Richard Apavou, n'a sollicité aucune interrogation en amont, aucune explication en aval. Il n'a jamais été dans la procédure. Il y a peut-être une volonté de détourner l'attention alors que d'autres sujets sont en cours", précise Me Cheung-Ah-Seung.
Lors de la prochaine audience – qui devait servir à constater le dépôt de la consignation - le tribunal devrait donc simplement constater l’absence de versement. Libre ensuite au président de décider de la suite à donner. En février dernier, les avocats de Me Hirou et Me Cheung-Ah-Seung avaient rappelé que le délibéré rendu avait fixé la consignation à 15.000 euros, soit le montant maximal en cas d’amende encourue pour citation abusive. A noter que le parquet s’était également joint à cette demande.
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Sauf que cette procédure a déjà provoqué quelques remous dans le microcosme judiciaire réunionnais. "Il y a eu le déclenchement d'une opération de contrôle et d'autres contrôles sont en cours", nous explique brièvement Me Hirou. Une inspection du Conseil national des administrateurs et mandataires judiciaires (CNAJMJ) a été déclenchée à La Réunion sur le dossier BLI. Les contours de cette inspection restent inconnus, et le CNAJMJ n’a pas répondu, non plus, à nos sollicitations par écrit.
Pourquoi ce silence de la part de la société BLI ? Elle s'était pourtant adjointe les services d'un cabinet spécialisé en communication. A-t-elle décidé d'une autre voie judiciaire ? Impossible de le savoir à ce stade, faute de réponse des principaux intéressés.


