Avec le CEO Summit, la Région pousse pour un marché commun de l'océan Indien

Souvent évoqué mais jamais concrétisé, le projet de marché commun de l’océan Indien a de nouveau le vent en poupe. Le sujet constituera le cœur du second Sommet des entrepreneurs de l’océan Indien en avril prochain, un événement dont Huguette Bello est la marraine.
Malgré les soubresauts politiques et les fortes tensions sociales à Madagascar, la seconde édition du CEO Summit, le Sommet des chefs d’entreprise de l’océan Indien, se tiendra à Antananarivo les 9 et 10 avril 2026. Les dates ont été officialisées ce jeudi 5 février lors d’une conférence de presse dans les locaux de La Réunion Développement (l’ex-agence Nexa), avant une réunion d’information à l’attention de 150 patrons prévue dans la soirée.
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En décembre 2024, la première édition du CEO Summit s’était déjà tenue dans la capitale malgache, avec la promesse faite alors d’organiser la suivante à La Réunion. Ce sera pour la prochaine fois, a balayé le président du puissant Syndicat des industriels de Madagascar (SIM) Tiana Rasamimanana ce jeudi, en rappelant que ce sommet n’avait pas vocation à se tenir uniquement sur la Grande Île.
Tiana Rasamimanana a souhaité rassurer sur la situation politique dans son pays. « Il faut des vagues, disent les surfeurs, pour avancer un peu plus vite. C’est vrai que politiquement nous sommes dans une phase transitoire, mais au niveau du secteur privé nous n’avons que ce mindset positif. C’est une situation normale actuellement, nous sommes en attente des élections », a-t-il commenté.
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La libre circulation des entrepreneurs en question
Coorganisateur du CEO Summit (avec l’agence malgache Becom), le SIM compte 180 membres (dont certains gros sponsors de l’événement en 2024) et son influence semble grandissante. Le nouveau Premier ministre malgache et ancien président de la Banque nationale industrielle (BNI), Herintsalama Rajaonarivelo, siégeait il y a peu encore au bureau du syndicat, comme l’a rappelé Tiana Rasamimanana.
Après quelques mots en créole pour souligner « le lien historique très fort entre Madagascar et La Réunion », le président du SIM a posé le cadre d’un développement des pays du sud-ouest de l’océan Indien : « Maurice est une plateforme financière reconnue », La Réunion dispose d’une « avance technologique » et peut faire figure de « porte d’entrée vers l’Union européenne », tandis que Madagascar s'appuie sur d’immenses ressources naturelles et humaines.
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Le président du SIM ajoute que le secrétaire général malgache de la COI Edgar Razafindrahavy lui « a réitéré son souhait de voir un marché commun régional se mettre en place », et se remémore le discours sur le sujet prononcé par Huguette Bello en décembre 2024 à Antananarivo. « La présidente de Région avait fait part de son engagement pour que cette coopération se mette en place. Comment concrétiser les choses ? Lors du sommet des chefs d’État de la COI, le président Macron a émis des directives concernant la libre circulation des entrepreneurs », souligne Tiana Rasamimanana.
Un contexte géopolitique favorable
En clair, les difficultés d’entrée des Malgaches sur le territoire réunionnais demeurent un frein au business, malgré le soutien apparent de la diplomatie française ou de la CCI Réunion Madagascar au projet de Mercosur de l’océan Indien.
Le thème de la prochaine édition du CEO Summit, qui doit rassembler 650 personnes de 18 nationalités différentes (l’événement attire des représentants d’Egypte, d’Afrique du Sud, de Corée du Sud ou encore des Émirats Arabes Unis), s’intitule « Nouveau paradigme, nouveaux horizons ». Outre la possibilité de se rencontrer et de signer des contrats, il s’agira de faire avancer le serpent de mer du marché commun de l’océan Indien dans des domaines comme l’agriculture, l’énergie renouvelable, le tourisme ou encore le transport maritime.
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« Dans un contexte international un peu bouleversé depuis l’élection de Donald Trump, le CEO Summit est l’occasion de parler de ces bouleversements géopolitiques », a précisé Pascal Plante, élu de la Région en charge de l’internationalisation des entreprises. Des analyses géopolitiques seront proposées aux participants du CEO Summit afin de les guider dans leurs projets de conquête de nouveaux marchés.
En 2024, une cinquantaine d’entrepreneurs réunionnais avait fait le déplacement dans la capitale malgache, identifiables grâce à leur badge aux couleurs de la marque « La Réunion ». Ils pourraient être le double en avril prochain, les syndicats (Club Export, CPME, MEDEF…) se mobilisant pour les inciter à y participer.


