Revenir à la rubrique : Politique

Audrey Belim, élue du Chaudron: « Sur le fond, nous comprenons cette souffrance et les revendications »

Seule élue a bien vouloir s'exprimer, Audrey Belim, élue du Chaudron, donne sa vision des événements qui se déroulent depuis mardi dernier dans son quartier. Elle dit comprendre le malaise de ces jeunes, mais ne cautionne pas la violence employée. Reste à savoir quelles sont les marges de manoeuvres à disposition de la mairie pour essayer de déminer cette situation.

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 25 septembre 2014 à 10H14

Zinfos974 : Quelle est votre réaction face aux évènements qui se déroulent au Chaudron ?

Audrey Belim : Les évènements d’hier et ceux des semaines précédentes prouvent encore une fois combien le climat est tendu sur l’île face à cette problématique du chômage. Ces jeunes peinent à trouver une solution dans leur quête d’emploi, ce qui réduit leurs perspectives d’avenir. Sur le fond, nous comprenons cette souffrance et les revendications, cela est légitime, mais sur la forme nous ne pouvons cautionner les excès de violences à l’égard des bâtiments et des biens publics, qui pénalisent au final cette même population déjà en souffrance.

Il y a de plus en plus de tension dans les quartiers, les jeunes réclament des emplois aidés, qu’est-ce que peut faire la municipalité de Saint-Denis ?

Cette tension perdure car la situation peine à être résorbée. Les solutions proposées par les autorités, à savoir l’armada de dispositifs de soutien en faveur de l’emploi (notamment emplois aidés) sont une solution parmi tant d’autres. Je rappelle que la création d’emplois n’est pas de la responsabilité des communes mais un enjeu global de notre société réunionnaise. Nous devons avoir conscience qu’avec les chiffres que nous affichons, notre tissu économique local tel qu’il existe aujourd’hui, ne pourra pas absorber l’intégralité de la masse de chômeurs. D’où l’intérêt de multiplier les initiatives autour de cette problématique structurelle qui affecte gravement la Réunion. Si nous, politiciens, entendons cette souffrance et alertons l’Etat depuis quelques temps, j’appelle aujourd’hui à la conscience citoyenne des acteurs économiques de notre île.

Quel message souhaiteriez-vous faire passer ?

Tout d’abord, je souhaite sensibiliser l’Etat sur la situation qui est la nôtre depuis la crise. Notre territoire bat des records alarmants tant sur la question du chômage que sur celle de la pauvreté. Ces inégalités et ces problèmes nous gangrènent et impactent notre lien social. Encore plus dans ces quartiers où les inégalités sont importantes. Aussi, je souhaite que l’on expérimente d’autres pistes pour se faire entendre. Dans tous les cas, la violence, les casses, les incendies à l’égard des équipements publics, ne peuvent être utilisés pour déclamer son mal être. Cette souffrance a été entendue, et ce depuis plusieurs années. La ville de Saint-Denis a apporté les solutions qu’elle pouvait. Mais, à elle seule, il lui est impossible d’y répondre intégralement.

 

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Sigrid Gérardin, n°2 sur la liste PCF aux Européennes : « Porter le projet que vous construirez pour vous et par vous »

Le Parti communiste réunionnais (PCR) a célébré ce samedi son 65e anniversaire sur la place Paul-Vergès à Saint-Denis. Cet événement s’inscrit dans le cadre des élections européennes et a été marqué par un hommage rendu à son fondateur, premier Réunionnais élu au Parlement européen. Le tout en présence de Sigrid Gérardin, n°2 sur la liste PCF conduite par Léon Deffontaines.

[Communiqué]“Nous, élus des Outremers, demandons solennellement au Gouvernement le retrait immédiat du projet de loi de réforme constitutionnelle”

La Présidente de Région Huguette Bello aux côtés de Présidents de collectivités ultramarines et de parlementaires ultramarins (dont les Réunionnais Evelyne Corbière, Karine Lebon, Frédéric Maillot, Emeline K/Bidi, Perceval Gaillard, Jean-Hugues Ratenon et Younous Omarjee) cosignent une tribune pour alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie et appeler le gouvernement à retirer son projet de loi de réforme constitutionnelle.