Apavou contre avocat et mandataire judiciaire : le parquet demande la délocalisation de l'affaire

Après la dernière audience d'avril, toutes les parties du dossier se sont retrouvées ce vendredi matin au tribunal judiciaire de Saint-Denis suite à une nouvelle assignation en citation directe dans l'affaire Apavou. La consignation a été fixée une nouvelle fois à 15.000 euros par le tribunal, mais le dossier devrait être délocalisé à la demande du parquet.
Ce devait être l’audience de la consignation, après la caducité constatée en avril dernier faute, là aussi, de consignation. La société BLI (Batipro Logements Intermédiaires), emmenée par Richard Apavou, tente une nouvelle fois de porter en citation directe l’avocat Me Cheung-Ah-Seung et le mandataire judiciaire Me Hirou, sur fond de soupçons d’abus de confiance liés à la gestion du parc locatif Apavou au moment de la liquidation de BLI.
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Mais dès l’ouverture, le ton a été donné par une scène presque théâtrale : Me Cheung-Ah-Seung a déposé 1,50 euro, en pièces de 50 centimes, en prenant soin de bien les "claquer" sur le pupitre de la partie civile représentée par Me Toby (avocate de BLI), après avoir réclamé aux juges de diviser par 10.000 le montant de la consignation précédemment exigée. « Il ne sera pas dit que BLI que nous aurions prétendument dépouillée ne puisse verser cette consignation si le tribunal faisait droit à ma demande», a-t-il ironisé, suscitant quelques sourires. Ce dernier a une nouvelle fois tenu à rappeler à la fin de l'audience : « Ce qui nous est reproché n’existe que dans l’esprit de ceux qui l’ont inventé. Cette attaque repose sur une construction intellectuelle aussi grotesque que ses auteurs, si ce n’était l’évidente volonté de nuire qui la sous-tend. Mais comme le dit un proverbe africain : "Le mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour. »
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En face, Me Barraco, conseil de Me Hirou, s'est focalisé sur la gravité de l’affaire pour son client. « Sa réputation est gravement mise en danger », a-t-il plaidé, avant de demander que l’affaire soit tranchée le plus rapidement possible. Le président Bernard Molié a entendu l’argument et a reconnu « légitime » que les mis en cause souhaitent « être jugés vite pour laver leur honneur ». Mais il a dans le même temps prévenu : « Une délocalisation est probable pour une bonne administration de la justice. »
Le tribunal a donc fixé la consignation à 15.000 euros, à régler avant le 15 novembre, et renvoyé l’affaire au 17 avril 2026. Mais derrière ce calendrier, peu de chances de voir un procès se tenir réellement à cette date.
La procureure générale pourrait en effet saisir la Cour de cassation, qui pourrait décider de dépayser l’affaire hors de La Réunion. Un horizon qui pourrait repousser encore longtemps l’examen au fond.


