Maurice : L'avortement dépénalisé

Jour historique à Maurice. Le Parlement mauricien a adopté à une forte majorité une loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse sous conditions. La loi, qui amende un texte de 1838, dépénalise l'avortement avant 14 semaines de grossesse, si la vie de la mère est menacée, si le foetus est frappé d'un handicap important, si la grossesse résulte d'un viol ou d'inceste, ou si la mère est âgée de moins de 16 ans.
"Un tabou a été brisé"
Le Premier ministre mauricien, Navin Ramgoolam, a rappelé que Maurice est un pays laïque. "Cette législation permet aux femmes d'avoir un choix", a-t-il déclaré. L'adoption du texte de loi a été salué par plusieurs associations de femmes. "Un tabou a été brisé", a estimé Linsey Collen, dirigeante du Mouvement de Libération de la femme, lors d'un point de presse, ajoutant qu'un "un pas historique a été franchi".
En marge de ce vote, des manifestants anti-avortement ont été arrêtés par la police. Ils manifestaient devant le Parlement, ce qui est interdit le jour où le Parlement siège pour voter, rapporte Afriquinfos.com. Cinq partisans du parti politique Front Solidarité Mauricien ont donc été interpellés.
L'Eglise s'oppose au texte
"La manifestation est pacifique, c'est une marche pour dire non à ce projet de loi. Nous avons le droit de marcher. Nous sommes dans un pays démocratique", a déclaré un des manifestants au site internet.
Des groupes religieux, notamment les églises chrétiennes, s'opposent aussi à la décriminalisation de l'avortement. L'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, a réaffirmé fin mai que l'Eglise est contre le projet de loi, affirmant qu'une telle initiative va "blesser la société".


